Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 18:01

Ca faisait longtemps que je n'avais pas été prise d'une saine colère concernant certaines pratiques dans notre milieu, cher lecteur....

 

En ce qui concerne les tournois mal-organisés-pas-arbitrés méritant la palme du foutage-de-gueule, ça remontait même à 4 ans, avec le rapide des rapides de Bagneux http://chouia-au-pays-des-echecs.over-blog.fr/article-21264417.html et son calamiteux arbitre, pourtant toujours très actif dans le milieu, comme j'ai pu le constater aujourd'hui même, en allant avec mon casque et mon piolet à la recherche de la grille américaine de ce tournoi que j'ai joué hier.

 

Car oui, il est toujours là et bien là, ce Monsieur, à la rubrique "tournois" du site de la Ligue IdF des échecs. 

On l'a chargé de l'homologation.

Si tu ne me crois pas, c'est là : http://www.idf-echecs.com/pages/tournois.html .

 

Quant à la grille américaine, toujours rien "à l'heure où j'écris ces lignes" (selon la formule consacrée).

Pas plus sur le site du club organisateur http://www.cpe95.org/, pourtant très au fait des dernières innovations, puisqu'il nous permettait le paiement en ligne de l'inscription (ben oui, mais là, il s'agit d'encaisser, alors forcément, il s'agit d'être efficace...), que sur celui de la Ligue (chargé de l'annonce et de l'homologation), et qui garantit, pour les tournois homologués "Résultats avec reportage, photo(s) et Grille Américaine dans les 24 heures".

Ah bon ?

 

Mais enfin, s'il ne s'agissait que de la non-publication (virtuelle ou non, hein, parce que sur le lieu du tournoi, elle n'était pas disponible non plus...) de la grille américaine, je pourrais passer l'éponge...

 

Mais voilà, il n'y avait pas que ça.

 

D'abord, l'accueil.

 

Rien à dire sur l'accueil téléphonique : aimable et efficace. On a pris note de l'inscription in-extremis de deux joueurs supplémentaires (Pierre-Yves et Siegfried) sans aucun problème, et ils ont donc pu bénéficier du tarif "réduit" de 16 euros (qui montait à 24 le jour du tournoi).

 

C'est d'autant plus dommage que l'accueil physique, lui laissait à désirer.

Je m'explique.

 

On se présente à la table de pointage et...on attend.

 

On attend quoi, au juste ? hé bien que Monsieur et Madame les arbitres veuillent bien interrompre leur passionnante conversation sur d'obscurs points d'organisation pour lever leur tête et s'apercevoir de notre présence.

Même un "bonjour" de notre part ne suffira pas.

Leur conversation est bien plus importante. Les joueurs attendront. Après tout, ils n'ont fait que 70 km en voiture pour venir, n'ont dépensé que 16 euros, pourquoi auraient-ils droit au moindre égard ?

Lorsque la conversation se termine, pas un bonjour, juste un air interrogateur.

Adoptant la ligne qui semble être celle du club, je décline les noms et prénoms des joueurs, déclenchant une seule réaction : tout en stabylotant les noms, l'un des arbitres s'adresse à l'autre en lui disant "c'est bon, on a encaissé leur chèque".

A nous, rien, pas un bonjour, pas un merci, pas un "tout est OK, vous pouvez vous installer, pour la buvette, c'est là", enfin bref, pas la plus élémentaire politesse.

 

Tout sera à l'avenant.

 

Et d'abord, le niveau sonore et l'ambiance générale.

 

La salle étroite où la circulation n'est déjà pas facile entre les tables servait aussi de buvette.

Dans le même périmètre, il y avait la table d'arbitrage.

A gauche, des mamans attendaient que leurs enfants les rejoignent en fin de ronde pour commenter bruyamment leurs résultats, et blitzer au besoin avec leurs copains.

Ajoutes à cela des arbitres et des serveurs parlant constamment à voix haute, sans aucune gêne, et tout au long des rondes.

cela à moins d'un mètre des tables les moins bien loties.

Pour ma part, ayant eu la malchance de me retrouver plusieurs fois dans cette zone, après plusieurs "chut" agacés, j'ai fini, à la fin de la 4ème ronde, par demander à l'arbitre de "respecter un peu les joueurs en évitant de parler fort".

Là, j'ai dû marquer un bon point, parce que la surprise s'est lue sur son visage : c'est la seule fois où elle s'est tue !

 

...mais ça n'a pas duré : dès le début de la ronde suivante, elle a trouvé moyen de corser le jeu en entamant une conversation tonitruante avec les gens de la buvette, au point qu'un joueur excédé s'exclame "Silence, l'arbitre !".

Un joueur qui était à l'autre bout de la salle.

 

Le pompon : au début de la ronde suivante, elle a trouvé le moyen de demander aux joueurs d'être "moins bruyants quand ils ont fini leur ronde et de ne pas blitzer".

 

Il y avait une salle d'analyse à proximité.

 

Qui aurait pu être calme, si elle n'avait pas été régulièrement envahie par un groupe d'ados, joueurs du tournoi (et peut-être du club organisateur ? je l'ignore !), qui passaient leur temps à "chahuter", mais d'une manière assez curieuse : des pièces d'échecs ont volé dans la pièce, des barres de fer ont été sorties ("pour de rire", mais tout de même, d'où venaient-elles ?), ces chahuts débordant parfois dans la salle de jeu, puisqu'un garçon a plusieurs fois  empoigné violemment une fille, faisant tomber une table, et que nous avons dû à plusieurs reprise séparer des gamins qui se battaient à terre.

 

Peu propice à la réflexion, tout ça, et uniquement dû à un manque de discipline flagrant de la part des organisateurs.

 

Mais aussi, comment obtenir le respect des joueurs (et d'eux-même) de la part des enfants, quand les adultes, arbitres en tête, donnent constamment l'exemple de ce qu'il ne faudrait pas faire ?

 

Après, on me dira qu'il y avait des jeux en bois, et des pendules électroniques.

 

Ca ne compense pas, surtout quand, à partir de la table 25, les pièces non feutrées toquent régulièrement sur les échiquiers en bois, dont certains n'étaient pas cotés, et d'autres, certes cotés, étaient installés à l'envers.

 

J'ai pu aussi constater, lors d'un incident, combien l'un des arbitres (pourtant annoncé comme AF3 ????) avait des difficultés à rajouter les 2 minutes de pénalité.

...ce qui explique sans doute son peu d'empressement à arbitrer : c'est vrai qu'on est bien mieux à bavarder...les joueurs sauront bien se débrouiller tous seuls.

Il y a donc eu pléthore de pièces touchées non jouées, pièces jouées et reprises, coups illégaux, et autres fantaisies dont je n'étais plus coutumières depuis longtemps...

 

Il faut dire qu'à force de jouer des tournois arbitrés par de vrais arbitres (Michel Drouilly, Thomas Lemoine, Nadir Bounzou, Xavier Rubini), j'avais oublié combien il était pénible de jouer dans une jungle où tous les coups sont permis !

 

L'affichage des appariements était aussi assez croquignol : pour une raison qui m'échappe (et ceux de mes lecteurs qui peuvent me la donner gagneront toute mon estime), les deux feuilles de la liste étaient affichés sur deux murs différents, éloignés de plusieurs mètres.

 

A la 7ème ronde, on a même eu droit à de l'inédit : un affichage non pas par ordre alphabétique, mais par numéro de table...aux joueurs de s'y retrouver.

 

Après la 9ème ronde, nous n'avions qu'une hâte, rentrer.

Mais Pierre-Yves ayant fait un excellent tournoi, il était susceptible de recevoir un prix. pour savoir si cela valait la peine d'attendre la remise des prix, je m'adresse à l'arbitre principal, qui avait en main la liste des primés, afin de pouvoir la consulter, ou au moins la grille américaine....

Pour toute réponse....elle cache la liste à ma vue, en me disant qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle me soit communiquée !?

 

Pardon ?????

 

Je lui explique patiemment mais fermement que cette liste (comme la grille américaine, d'ailleurs...) a vocation à être rendue publique, et qu'elle nous faciliterait la vie en nous informant au plus tôt, parce que nous avons encore une longue route à faire pour rentrer en Essonne.

 

Sa main reste sur la liste, mais en me penchant, j'aperçois le nom de Pierre-Yves. Il remporte le 1er prix de sa catégorie (1601-1800).

 

Nous resterons donc pour assister à une remise des prix toute aussi bâclée et bordélique que le tournoi.

 

 Bien sûr, pas de pot de l'amitié..."il ne reste plus rien".

 

Et mes résultats, dans tout ça ? moyens, 4/9.

 

Quant à la perf, le rang, etc...ben, j'attends toujours la grille américaine fantôme...

 

Quant au plaisir de jouer...comment dire cela poliment ? autant ne pas en parler.

Bref, pas demain la veille qu'on me reverra à Cergy Pontoise Echecs.

 

Ah oui...pendant ce temps-là, dans une très belle salle du même Hall Omnisports se déroulait un tournoi de bridge.

En allant y jeter un petit coup d'oeil, j'ai constaté des conditions de jeu excellentes (notamment en ce qui concerne le niveau sonore), des organisateurs souriants et au petits soins, et une remise de prix somptueuse (bouquets de fleurs, pot, etc...).

 

Seulement voilà, j'aime pas le bridge....

 

Post-scriptum : réagissant à mon article, le webmaster m'a donné le chemin vers la grille américaine http://www.cpe95.org/ publiée postérieurement. Dont acte. malgré tous mes efforts, je n'ai pu trouver le chemin vers les résultats sur le site de la Ligue....problème de référencement ?

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 10:37

Encore un Open, cher lecteur ?

 

Oui, mais un rapide, cette fois http://www.youtube.com/watch?v=olS_bBd7vzw, un comme je les aime :

 

- 9 rondes, ce qui permet au "yoyo" de se stabiliser, et donc d'espérer jouer des adversaires atteignables une fois les premières rondes passées ;

 

- en 15mn+3s/cp, cadence courte mais à incrément, qui évite donc les bruyants assassinats de pendule et le stress qui va avec ;

 

- à 14 euros, tarif extrêmement bas, surtout quand il est "boissons comprises" (ben oui...jamais vu ça avant !) ;

 

- 200 joueurs attendus, dont tout plein de titrés ;

 

- arbitré par Nadir Bounzou, AF1 qu'on ne présente plus : avec lui, pas de mauvaises surprises, on commence à l'heure, on finit à l'heure, les éventuels conflits sont réglés dans la minute, et avec le sourire s'il vous plaît.

 

...ça faisait pas mal de temps que je n'avais pas joué de rapide, alors que c'est mon truc, justement, les rapides.

Presque un an, déjà !

 

Oui, mais il y avait un problème : ce très tentant Open était loin.

 

Très loin, même...en Lorraine !

 

Alors il a fallu s'organiser : TGV, hôtel, jour de congés...mon joueur d'échecs préféré et moi, on a tout planifié pour conjuguer Open et tourisme.

 

Jouer, certes, mais aussi visiter, tant qu'à faire...

 

Bon, je sais bien que Nancy, vu d'ici, c'est l'Est, mais attention, hein, pas l'Est riant et folklorique de l'Alsace, l'Est austère des batailles meurtrières de la Grande Guerre et de la croix de Lorraine, l'Est industrieux et industriel des mines et des cristalleries, la Lotharingie des invasions et des villes de garnison.

 

Bon, d'accord, dans mon imagerie de la Lorraine, il y avait bien quelques éléments plus réjouissants :

 

- la quiche lorraine ;

 

- le coup du passage avec les sabots et les trois capitaines ;

 

- la mirabelle ;

 

- la bergamote ;

 

- la place Stanislas.

 

 

Mais il faut bien avouer que quand j'ai raconté à mes amis non- joueurs mon intention d'aller faire du tourisme à Nancy, j'ai eu droit à des mines apitoyées...

Déjà que pour eux, aller m'enfermer une journée, voire plusieurs, pour pousser du bois en compagnie de "nerds qui réfléchissent" (conclusion unanime après que j'aie eu "l'excellente" idée de leur montrer les photos de l'Open de Juvisy), il trouvent ça bizarre, "mais bon, c'est ta passion...." (ils sont pleins d'indulgence amusée à mon égard, quand je parle échecs).....

 

Alors "en profiter pour visiter Nancy"....décidément, c'était une "idée qu'ils n'auraient pas eue" !

 

Et c'est vrai que, dans l'imaginaire collectif du francilien de base, un week-end touristique, ça peut être :

 

- "faire les châteaux de la Loire" ;

 

- Deauville, Trouville, Villerville...en général, n'importe quelle cité normande dont le nom se termine par "ville", et si en plus il y a un festival de quelque chose, c'est encore mieux ;

 

- Beaune, les hospices, le Bourgogne ;

 

- Troyes, le Champagne, les magasins d'usine ;

 

- Lille, à la rigueur, mais alors uniquement lors de la Grand Braderie ;

 

- Avignon pendant le festival ;

 

...mais Nancy (?????)

 

Après, il y a eu les joueurs d'échecs qui m'ont prévenue : les joueurs lorrains seraient "sous-classés", des "durs-à-cuire" un peu brut-de-fonderie, aussi austères que leur région, je n'allais pas m'amuser, et de plus m'en prendre plein la tête côté perf...

 

Pour couronner le tout, la météo annonçait des orages, des averses, bref, rien d'agréable...

 

C'était assez mal parti, mon affaire, mais bon, je suis têtue (comme tous les joueurs d'échecs), alors même pas mal, j'y suis allée quand même.

 

Hé bien, cher lecteur, je n'ai pas regretté du tout !

 

Parce que Nancy, c'est beau : 

bon, alors bien sûr, pas tout Nancy, et le quartier du "Grand Nancy", lieu du tournoi, jouxtant la voie ferrée et le tramway, n'a rien à envier à certaines banlieues d'Ile-de-France, mais alors le centre historique, lui, est tout simplement magnifique. Même en s'éloignant du quartier 18ème siècle, il y a des tas de petits et grands squares arborés et fleuris, sans compter le parc de la Pépinière (avec un vrai paon qui crie "léon"), de belles perspectives, des fontaines, de très belles églises (la basilique Saint Epure !), des immeubles "Art Nouveau" de toute beauté (la Chambre de Commerce et d'industrie), et puis c'est propre, entretenu, ça change !

 

Parce que Nancy, c'est bon :

A Nancy, on mange bien. Je recommande particulièrement la Brasserie Excelsior, face à la gare, où, dans un décor Art Nouveau, le joueur d'échecs gastronome bénéficiera d'un service impeccable, rapide, et souriant, et d'une cuisine délicieuse, mais il y a aussi plein de pâtisseries aux vitrines alléchantes, des cafés sympas, et de bonnes bières, du bon vin, sans oublier la mirabelle, la bergamote, et les madeleines (Commercy n'est pas loin...).

 

Parce que Nancy, c'est accueillant :

Loin des sourires commerciaux des lieux touristiques classiques, qui ont surtout pour but de faire se délier les bourses, et disparaissent dès que "les Parigots-têtes-de-veaux/Parisiens-têtes-de-chiens" ont tourné le dos, les Nancéens, et, de manière plus générale, les Lorrains, vous accueillent simplement mais sincèrement.

Ils prennent le temps de vous expliquer leur région, et n'ont pas peur d'en évoquer les défauts "- 22 degrés cet hiver !", "aujourd'hui, il fait très beau, mais c'est exceptionnel, vous savez...".

 

Parce que ce tournoi était convivial :

Les joueurs sont sympas : pas un seul incident pendant ce tournoi, pas un seul regard méprisant de la part des grozélos que j'ai affrontés, aucune tentative d'arnaque de la part des moins bien classés.

Ici, on joue dans la bonne humeur. C'est parfois un peu bruyant (beaucoup de jeunes), mais plein d'enthousiasme et d'amour du jeu, en témoignent les parties libres et le mini-tournoi organisés le dimanche 29 par les animateurs pendant que les "grands de ce monde" s'affrontaient pour la finale dans l'amphi.

 

Parce que ce tournoi m'a fait progresser :

le niveau était très relevé, mon objectif était 2, voire 2,5. J'ai fini avec 3,5/9, en ayant flirté avec un 4,5/9 que la fatigue de la dernière ronde (jouer sans interruption de 14h00 à 21h00, c'est assez épuisant...et d'ailleurs, la prochaine fois, je prévoierai un en-cas !) m'a fait rater.

J'ai battu tous mes adversaires moins bien classés (Vincent Principato 1330, Stéphane Dagorne 1399, Tom Maietti 1450).

J'ai logiquement perdu contre (presque) tous mes adversaires mieux classés (Ekrem Cekro 2450, Valentin Battistella 1830, Frédéric Bauer 1780, Nicolas Rigaud 1910)

J'ai fait une nulle contre un adversaire à 390 points de plus (Nicolas Bulcourt 1990). Du coup, une perf honorable (1623).

Rencontrer des adversaires que je n'avais jamais joués, c'est très rafraîchissant. Depuis que je joue en compétition, je tourne régulièrement sur l'Essonne, et on finit par jouer toujours les mêmes personnes, parfois même, des joueurs de son propre club. Là, au moins, c'était la surprise à chaque ronde, du coup, pas d'a priori, ni pour eux, ni pour moi. Un 19XX ? même pas peur....

 

Et puis il y a eu de belles rencontres, comme les très motivés et souriants animateurs de Stanislas Echecs, dont le club a aligné 44 ( 44 !!!!!) joueurs, et qui voulaient m'embaucher pour donner des cours (sur le principe, je ne suis pas contre, mais Evry-Nancy, euh....comment dire ?).

 

Et aussi des trucs rigolos :

 

280420121340.jpg- comme les appariements n'étaient pas accélérés, à la première ronde, mon joueur d'échecs préféré (1720), s'est retrouvé à la première table contre...Maxime Vachier-Lagrave (1120 points de plus !!!). Avec les blancs, certes, mais...bon....il a perdu au temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

280420121338.jpg- pendant ce temps là, je jouais à la table 23 contre un adversaire à (seulement ?) 850 points de plus, avec à ma gauche Sophie Milliet et à ma droite Almira Skripchenko. 0/1.

 

Ci-contre, le très sympathique mais très bien classé Ekrem Cekro 2450, a insisté pour poser à mes côtés avant la ronde.

 

J'ai l'air impressionnée ? ben, je le suis...il remportera tout de même un prix vétéran, derrière Ulf Andersson, 1er suédois, qu'il connaît de longue date.

 

 

 

 

 

 

- A la deuxième ronde, avec les noirs, contre un gentil papa de joueur "venu juste pour accompagner son fils", mais tout de même nanti d'un classement à 1330, et que je me devais donc de battre absolument, je me fais surprendre par une attaque-de-la-mort-qui-tue sur mon roque avec sacrifice...de tour (!!!!) qui, heureusement, ne mate pas. Chaud tout de même. On se reconcentre, on joue calmement, on gagne, mais bon, je commence à croire au "mythe du joueur lorrain sous-classé"...1/2.

 

- A la troisième ronde, avec les blancs, j'ai affaire à très forte partie. Nicolas Bulcourt 1990, aborde la partie avec beaucoup d'assurance. On sent qu'il a bien l'intention de ne faire qu'une bouchée d'une joueuse à presque 400 points de moins. Il attaque tôt, mais avec des "pièges" un peu trop connus (même à 1600...). Ca ne marche pas. Ca l'agace. J'ai un plan, ca l'agace. En milieu de jeu, je n'ai pas fait de bourde, et j'ai toujours mon plan. Que j'applique. je ne vise pas le gain, juste une nulle. Il ne trouve pas le gain, et il est mal au temps. Nous terminons lui avec 2 pions + fou, moi avec 3 pions dont deux liés inattaquables avec son fou. Son roi est derrière, à défendre ses pions, son fou ne tape dans rien, j'ai juste à attendre qu'il tombe (il me reste plus de 2 minutes, lui, 10s). Et puis je me rappelle les bourdes que j'ai déjà faites dans de telles situations...je lui propose la nulle. le temps qu'il y réfléchisse, il n'a plus que 2 secondes, il accepte.

Je ne saurai jamais si j'ai eu raison de proposer cette nulle..."un tien vaut mieux que deux tu l'auras" ? à voir...

J'ai encore pas mal de travail à faire sur l'aspect psychologique des échecs, il faut croire ! 1,5/3.

 

Frederic-Bauer.jpg- à la 6ème ronde, que vois-je ? je joue contre...Bauer ????...heureusement, une lecture plus attentive m'apprendra qu'il ne s'agit pas de Christian Bauer, mais de Frédéric Bauer 1780, homonyme très sympa, qui me dit "avoir repris récemment les échecs après plusieurs années d'arrêt". Ah oui ? et, à l'époque, il était classé combien, au juste ? "je ne sais plus, autour de 2050/2100...". Super ! Il va littéralement m'exploser d'entrée de jeu. Rien compris.

Comme la partie a été courte, il veut bien analyser et me montrer "mon" erreur (selon lui, la seule, ....quand je te dis qu'il est sympa...). Nous ne trouvons pour ce faire qu'une table parmi les dernières, entourée de parties en cours. L'analyse sera silencieuse, à grand renfort de gestes dont je crains qu'ils ne finissent par gêner nos voisins...j'ai compris ma bourde, c'est l'essentiel, mais pitié, donnez-nous une salle d'analyse la prochaine fois... 

Ci-dessus, à gauche, Valentin Battistella 1830, mon adversaire de la 4ème ronde, et à droite, Frédéric Bauer, qui m'a bien éclairée sur une erreur commise lors de l'ouverture. Merci à lui. 

 

- à la 7ème ronde, je joue avec les blancs contre le benjamin Tom Maietti 1450, qui commence par arriver légèrement en retard, en compagnie de ses copains de club, s'installe bruyamment, s'agite dans tous les sens. Quand il ne se gratte pas la tête, il se tortille sur sa chaise (voire, s'agenouille dessus), et dès que j'avance la main pour jouer mon coup, lève haut la sienne, comme s'il allait répondre a tempo (ce qu'il fait parfois). Ca a tendance à m'amuser, mais aussi à me déconcentrer. D'autant qu'il joue bien, et que vu la différence de classement, si je veux terminer à mieux que 2,5/9, et avec une perf acceptable, il va falloir m'accrocher. Je lui fais signe de se calmer, de se rasseoir. Je n'ai pas à subir ça. Il comprend, se calme. Va jouer à son niveau, qui est plutôt plus élevé que son classement ne pourrait le laisser croire (encore un Lorrain sous-classé ?), mais qui n'est pas suffisant. Comme beaucoup de jeunes, il a joué trop vite, trop sûr de lui, et très tactique, mais a négligé la structure. Il cherche le gain matériel immédiat, qu'il n'obtiendra pas, et a sacrifié pour cela sa structure de pions. De plus, j'ai deux colonnes. 3,5/9. Ouf.

 

280420121351.jpg- à la 9ème ronde, ayant perdu à la ronde précédente contre le minime Lucas Bajoni 1750, je m'attends à un appariement favorable, et c'est avec surprise que je me retrouve avec les blancs contre Nicolas Rigaud 1910 (!!!). Je ne crois pas à grand'chose, d'autant que je suis littéralement épuisée (mais bon, mon adversaire aussi, sans doute, ce qu'il confirme d'ailleurs...), mais après tout, une nulle comme celle de la 2ème ronde, hein, pourquoi pas ?

 

Je vais jouer solide. Et ça va payer. je gagne un pion, puis une qualité...je n'en crois pas mes yeux...4,5, ce serait vraiment un excellent résultat, sans parler de la perf et peut-être un prix...

Seulement voilà, en pensant à tout ça, je me désunis un peu, la concentration s'envole, je ne calcule pas le pion empoisonné que me tend mon adversaire, un piège tout bête et qui n'aurait certainement pas marché quelques rondes plus tôt...je le prends, et tout s'effondre, au grand soulagement de mon adversaire. je resterai donc à 3,5/9.

Bien fait pour moi !

 

 A gauche, mon adversaire de la 9ème ronde fête dignement son gain à l'aide d'un kir à la mirabelle.

 

Un bon tournoi donc, difficile, mais plein d'enseignements, et sans incidents...c'est rare !

 

La grille américaine, c'est ici http://echecs54.free.fr/gpffe/12grille.htm

 

Et puis le podium, bien sûr :

290420121420.jpg

 

Et puis Maxime, le vainqueur de cette étape et de la précédente, a bien voulu poser rien que pour moi (bon, d'accord, la photo est floue, mais tout de même !

 

290420121425.jpg

 

Quelques bémols cependant :

 

- les dernières tables étaient dans le hall, très bruyant en fin de ronde. N'ayant pas joué au-delà de la table 63, j'ai eu la chance de ne pas être trop incommodée, mais j'ai plaint les pauvres joueurs qui devaient se concentrer dans un brouhaha et un va-et-vient quasi-permanent ;

 

- l'absence de salle (ou même de tables) d'analyse. Même en rapide, on peut avoir envie d'analyser. Et au calme. Si.

 

- l'absence de possibilité de restauration sur place ou dans les abords immédiats. Comme je l'ai dit plus haut, les rondes se sont enchaînées sans interruption de 14h00 à 21h00. J'ai en vain cherché à me mettre quelque chose sous la dent à partir de 19h30.

 

- peu de médiatisation en dehors du strict milieu des échecs. Le tournoi n'étais même pas affiché à l'extérieur du bâtiment, au point qu'on pouvait douter qu'il s'y passe un quelconque évènement ce jour-là. Pour avoir fait une rapide enquête lors de mon séjour, personne n'était au courant, pas plus les hôteliers que les restaurateurs, ni même l'Office du Tourisme. Aucun fléchage depuis la gare. Un peu dommage, non ?

 

Mais à part ces pistes d'amélioration, si je devais mettre une note à ce tournoi, ce serait un 16/20 bien mérité.

 

Bravo donc aux organisateurs. S'ils renouvellent l'expérience la saison prochaine, je reviendrai avec plaisir en Lorraine !

 

Et puis, vous savez quoi ? Il a fait beau !!!!

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 08:53

Ce lundi-là, dernier jour du tournoi, en apprenant que j'allais devoir affronter Guy Pérolle 1686, joueur de Ris, je me suis illico rappelée le malheureux et polémique épisode de la pendule http://chouia-au-pays-des-echecs.over-blog.fr/article-6-et-7-janvier-2012-drole-de-week-end-ou-galettes-et-pendules-se-disputent-la-vedette-96600602.html, lorsque nos équipes respectives s'étaient rencontrées à la 3ème ronde du Championnat de l'Essonne, 3 mois auparavant.

 

Te dire que j'en avais gardé un excellent souvenir serait excessif...Guy est un joueur coriace, opiniâtre, et qui joue jusqu'au bout. Il est de plus connu pour ne pas (du tout) aimer perdre.

De cela, j'avais déjà discuté à la buvette avec Patrick, joueur de Ris, qui l'avait battu récemment.

 

C'est même en en parlant avec lui que j'ai soudain compris un truc (pourtant évident !) qui ne m'était pas venu à l'esprit auparavant : en passant en revue les attitudes de l'ensemble de mes adversaires précédents, j'ai réalisé que tous étaient coriaces, opiniâtres, que tous avaient joué jusqu'au bout (parfois en cherchant à me pousser à la faute), et qu'aucun n'aimait perdre...

 

Et là, j'ai pris la décision...d'en faire autant : tant pis pour le beau jeu, le fair-play, l'élégance, la beauté du geste. Visiblement, ce n'était pas le lieu.

 

Quoi qu'il arrive, Guy aurait en face de lui une joueuse coriace, opiniâtre, qui jouerai jusqu'au bout (parfois en cherchant à le pousser à la faute).

 

Plus gentille du tout.

 

Ma partie a été rapidement perdante, mais je m'en suis tenue à ma ligne. Ca a même été un bon exercice : chercher sans pression les meilleurs coups, ceux qui lui poseront le plus de question, ceux qui le déstabiliseront.

Ne pas abandonner.

Et je dois te dire que je me suis bien amusée : Guy a commencé à fatiguer. A chaque nouveau coup que je jouais, il soupirait d'un air agacé et éloquent, un silencieux "mais pourquoi n'abandonne-t-elle pas ?"...

 

Sa feuille de partie était couverte de ratures et de blancs, il lui manquait au moins trois lignes dans sa notation (et j'ai appris plus tard que j'aurais pu demander le gain à l'arbitre sous ce prétexte, dont acte, ça peut servir...contre un joueur vraiment désagréable, pourquoi pas ?).

 

Au 58ème coup, il me joue Dc5 en annonçant le mat , me tends une main que, prise de court, je commence à serrer...

ce mat en un...je ne l'avais pas vu !

et là, en jetant un dernier coup d'oeil sur l'échiquier, juste avant d'arrêter la pendule et de signer les feuilles, je m'aperçoit...qu'il s'agit d'un mat fantôme !

Il n'y a pas mat : Rxe6 récupère même sa tour !

Je le dis, Guy est héberlué, mais ne lâche pas ma main pour autant "tu veux continuer à jouer ?" "oui" "tu veux vraiment continuer ?" "oui" .....énorme soupir, yeux aux ciel...il lâche ma main en disant "remarque, la pendule tourne toujours...", et son air dépité déclenche chez moi un malencontreux fou-rire (Gilles me dira qu'il avait été entendu dans la salle, j'espère n'a voir pas trop dérangé les autres joueurs...)...

"tu ne peux pas m'obliger à abandonner"..."oui, je sais, je sais, je sais, je sais bien (soupirs)....j'ai besoin d'un café". Il se lève, me regarde, se met à sourire aussi, se rassoit, se relève, se rassoit...

Et moi, je m'amuse beaucoup.

En fait, je me suis rarement autant amusée pendant une partie officielle.

Je sais, c'est pas gentil de torturer son adversaire, mais bon, c'est aussi très rigolo, surtout face à un dur-à-cuire comme Guy.

Mais c'est pas tout ça, il me reste encore à tenter de provoquer le pat....au 62ème coup, justement, mon roi est en position de pat. J'offre donc mon pion c à son fou. Guy va hésiter...il me dira plus tard qu'il avait peur de mes deux pions liés...mais Dh6 mate.

 

[Event "4th Open Chess Tour"]
[Site "Juvisy"]
[Date "2012.04.09"]
[Round "6"]
[White "PEROLLE Guy 1686"]
[Black "CHAZOT Christine 1530"]
[Result "1-0"]

1. d4 d5 2. f4 Bf5 3. Nf3 Nf6 4. e3 h6 5. Bd3 Bxd3 6. Qxd3 c6 7. O-O e6 8.
f5 Be7 9. fxe6 fxe6 10. Qg6+ Kd7 11. Ne5+ Kc7 12. Nf7 Qe8 13. Nxh8 Qxh8 14.
Qf7 Kd6 15. e4 Kd7 16. exd5 Nxd5 17. Re1 Nc7 18. Bf4 Nba6 19. Be5 Qh7 20.
Na3 Rf8 21. Qxg7 Qf5 22. Rf1 Qg5 23. Rxf8 Qxg7 24. Bxg7 Bxf8 25. Bxf8 h5
26. c3 Ke8 27. Bd6 Nd5 28. Re1 Kd7 29. Be5 Ne7 30. b4 Nd5 31. Nb1 b5 32.
Rf1 Ke7 33. Rf3 h4 34. Rh3 Kf7 35. Rxh4 Ne3 36. Rh7+ Kg6 37. Rxa7 Nxb4 38.
cxb4 Nc4 39. Bf4 Kf5 40. g3 Ke4 41. Rd7 Kd3 42. Re7 Kc2 43. Rxe6 Kxb1 44.
Re2 Na3 45. h4 Nc2 46. Be5 Nxb4 47. h5 Nd5 48. h6 Ne7 49. g4 Ng6 50. Bd6
Nh4 51. Kf2 Ng6 52. h7 Kc1 53. Re6 Nh4 54. h8=Q Kd2 55. Qxh4 Kd3 56. Qg3+
Kxd4 57. Qe3+ Kd5 58. Qc5+ Kxe6 59. Qe5+ Kf7 60. g5 Kg6 61. Qe6+ Kh5 62.
Kg3 c5 63. Qh6#
{White mates} 1-0

 

C'est avec un Guy souriant et détendu que j'analyserai ensuite cette partie pleine de rebondissements.

 

A midi, je jouerai plusieurs parties de loisir avec Nahid, une joueuse très agréable du Canal St Martin, et nous aurons même la surprise de voir le sympathique G.M.I Namig Guliyev (vainqueur de cet Open avec 6,5/7) nous conseiller sur l'une de nos finales.

 

Plusieurs parties également avec Emilie, toujours souriante et agréable.

 

A la 7ème ronde, me voilà appariée contre la redoutable poussine Jargalan Ider 1020, petite soeur du célèbre Borya, maître FIDE, et coachée par son père. Lauréate du prix de la performance pour avoir battu Alain (1513), joueur de mon club, et dont j'avais kibbitzé la partie, cette mignonne et très calme petite fille risque bien de me donner du fil à retordre....et je vois déjà s'éloigner mon 3ème point....

 

En effet, ce n'est pas gagné, Jagarlan prend d'emblée l'avantage : elle retarde son roque pour jouer fort adroitement ses fous qui s'introduisent dans mon camp. Heureusement pour moi, au 17ème coup, elle préfère roquer plutôt que de croquer mon pion d avec sa dame. La partie se rééquilibre, et je reprends la main au 20ème coup. A partir de là, elle jouera en défense. Une imprécision au 25ème coup lui fera perdre un temps qui me permettra un échange de tour favorable à la déviation de sa dame...mais au 28ème coup, elle m'offre avec f6 l'occasion de gagner sa dame.

Comme tous mes autres jeunes adversaires, elle ne lâchera pas pour autant, il faudra aller jusqu'au mat.

 

[Event "4th Open Chess Tour"]
[Site "Juvisy"]
[Date "2012.04.09"]
[Round "7"]
[White "CHAZOT Christine 1530"]
[Black "IDER Jagarlan 1020"]
[Result "1-0"]

1. d4 e6 2. Nf3 d5 3. Bf4 c5 4. e3 Nc6 5. Bb5 Nf6 6. O-O Qb6 7. Bxc6+ bxc6
8. b3 cxd4 9. exd4 c5 10. c3 cxd4 11. cxd4 Bb4 12. Nbd2 Ba6 13. Re1 Ne4 14.
a3 Bc3 15. Rc1 Bxd2 16. Nxd2 Nxd2 17. Bxd2 O-O 18. Be3 Rac8 19. b4 Qb8 20.
Qg4 Rfd8 21. Bh6 g6 22. Bf4 Qb7 23. Be5 Rxc1 24. Rxc1 Rc8 25. Rc5 h6 26. h4
h5 27. Qf4 Kh7 28. Rxc8 f6 29. Rc7+ Qxc7 30. Bxc7 e5 31. dxe5 fxe5 32. Bxe5
Kg8 33. Qf6 Kh7 34. Qg7#
{White mates} 1-0

 

Je lui propose d'analyser. Son père est d'accord. Une analyse très instructive, au cours de laquelle je vois concrètement ce que j'avais senti pendant l'ensemble de cette partie : je ne dois mon gain qu'aux imprécisions de Jagarlan (peut-être dues à la fatigue ?). Ma partie était perdante. Dans un an, elle aura encore progressé, et ces erreurs, elle ne les commettra plus.

J'ai eu la chance et le plaisir de jouer contre une future très grande joueuse.

Chapeau bas !

 

3/7, mon objectif est atteint, mais par contre, j'ai perdu des tas de points.

 

De belles rencontres, pas d'incident notoire, des parties instructives...

 

Ah oui, et puis les cloches sont passées : chaque joueur a eu son oeuf en chocolat (et les enfants, plusieurs !).

 

Un tournoi difficile, mais que je recommande, et dont j'attendrai la prochaine édition avec impatience !

 

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Petit reportage en images sur cette dernière journée : le lecteur sagace reconnaïtra le sympathique G.M.I. Arnaud Hauchard, venu en visiteur, quelques V.I.P. savourant le pot de l'amitié offert par les organisateurs, le podium des primés, la très kibbitzée finale de la dernière partie d'André Steimlé, membre émérite et arbitre de notre club, la photo de groupe des membres de notre club, auxquels se sont joint Nahid et G.M.I. Namig Guliyev. 

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 07:53

Le troisième jour de l'Open tombe le dimanche de Pâques, et il me faut pas mal de courage pour renoncer à la tentation d'une grasse matinée, puis d'un déjeuner en famille.

 

J'ai résisté, mais ce n'est pas le cas de tout le monde...quelques joueurs ont en effet annoncé leur forfait pour cette ronde....parfois aussi pour...l'ensemble du tournoi, ce qui a eu pour effet de créer un exempt.

Merci pour lui....

 

Ayant consulté les appariements le matin même sur le site du canal St Martin, je me prépare à jouer avec les blancs contre mon voisin Vojislav Stojanovic 1729.

 

Jusque là, pas de problème. 

 

Mais voilà qu'avant le début de cette 4ème ronde, Xavier, dont la faconde n'est plus à démontrer, m'affiche direct en se mettant soudain à parler...de moi ?!

Et que raconte-t-il à l'ensemble des joueurs présents (au micro, hein, pour que nul n'en ignore...) ? que Guy (joueur de mon club), voyant que nous étions appariés, aurait préféré rester chez lui plutôt que de jouer contre moi...

A cet instant, j'avoue ne pas savoir quoi en penser...toutes les interprétations sont possibles. Toujours est-il que certains adoptent illico la pire (et, connaissant Guy et moi, la plus improbable) des explications, à savoir que je suis tellement désagréable à jouer que même les joueurs de mon propre club préfèrent faire forfait plutôt que de m'affronter !

 

Sympa...

 

Mais bon, même pas mal (je suis habituée aux ragots sur mon compte, et celui-ci n'est vraiment pas parmi les pires !), je me concentre sur la partie à venir, et je fais bien, parce que de Vojislav, pour l'avoir joué il y a quelques années à l'Open de la Toussaint d'Evry, je connais le jeu positionnel et difficilement attaquable à mon niveau.

Et naturellement, tout se passe comme je le craignais : j'ai en face de moi une forteresse que je ne sais par quel bout prendre....moi qui ne manque d'ordinaire pas d'idées (certes parfois imprudentes, mais bon...), là, je reste sèche.

Je ne comprends pas son plan, je n'arrive pas à en construire un moi-même.

Il n'attaque pas, il attend simplement une faute de ma part.

Au 22ème coup, je joue une imprécision, m'en rends compte, en oublie de noter mes coups, bref, c'est l'effondrement.

 

1/4...pas terrible.

 

Vojislav, fatigué lui aussi, n'analysera pas.

 

A l'issue de cette 4ème ronde, je commence à me demander si, moi aussi, je n'aurais pas mieux fait de faire comme Guy, quand un évènement inattendu va me mettre en joie.

 

Car figures-toi que la veille, Olivier Delpech, un ami échiquéen de longue date http://chouia-au-pays-des-echecs.over-blog.fr/article-26435635.html, m'avais demandé de saluer de sa part un ami à lui, Raymond Delerme, qui était présent. Et voilà que Siegfried, qui le connaît également, veut me le présenter...

 

Raymond est très aimable.

Après les salutations d'usage, il me recommande, en tant que joueuse, la lecture du "blog de cette féministe, Chouia, c'est très bien écrit, vous savez, très incisif, la langue est fluide et coule de source, un vrai régal...", et le voilà parti dans un dithyrambe enflammé, on ne peut plus l'arrêter...Siegfried se régale et me lance des regards amusés, quant à moi, je tente en vain d'interrompre ce monsieur pour lui expliquer que....enfin, ...je connais ce blog...

Mais il faut bien reconnaître qu'il est très difficile d'arrêter Raymond quand il est sur sa lancée.

Son enthousiasme m'émeut d'ailleurs beaucoup, d'autant plus que je ne peux que difficilement mettre en doute sa sincérité, puisqu'il ne sait pas qui il a devant lui...

 080420121278Après avoir fait l'éloge de mon blog, voilà qu'il aborde les supputations quant à son auteur : "je m'imagine une journaliste à la retraite, une littéraire, assurément, un écrivain peut-être....savez-vous qu'une fois, au Canal St Martin, j'ai vu une vieille dame qui aurait pu être elle, comme je n'ai pas osé l'aborder directement, j'ai crié "Chouia", mais elle ne s'est pas retournée, ce n'était donc pas elle, j'ai été très déçu !".

Raymond s'interromps pour reprendre son souffle après cette longue tirade, et Siegfried, farceur, en profite pour lui demander si "ça lui ferait plaisir de rencontrer cette dame, parce que lui la connaît très bien, il peut arranger ça".

 

...hilarité générale quand Siegfried lui révèle la vérité...

 

...une belle rencontre, qui, à elle seule aurait pu justifier d'avoir pris la peine de me lever...

Raymond, merci pour ce beau moment en votre compagnie.

 

L'heure tourne, après quelques parties de loisir (et en chansons) avec le jeune Yann, venu accompagner son père, mais à qui jouer manquait un peu (et d'ailleurs, il jouera une ronde avec l'exempt), après avoir pris les portraits de quelques titrés ayant fort aimablement accepté de poser dans le hall, me voilà prête à affronter Bérénice Hiverlet 1080 avec les noirs.

 

Bérénice est venue avec ses deux frères. Elle fait partie des enfants coachés par Thomas Lemoine, et est une adversaire très coriace et précise, qui ne lâche rien.

Tout comme mon jeune adversaire de la ronde 3, même en nette infériorité matérielle, elle n'abandonnera pas. Elle ira même jusqu'à me proposer à mi-partie (et avec un son plus beau sourire) une nulle que mon coeur de maman aimerait bien accepter, mais que ma raison de joueuse me fera refuser.

Ensuite, elle fera tout pour provoquer le pat. La fatigue (et aussi un peu l'agacement, il faut bien le dire...) aidant, j'aurai bien du mal à ne pas commettre la faute qu'elle attend, je raterai un mat, mais finirai par la mater au 61ème coup.

 

2/5, que ce tournoi est donc difficile....

 

Il reste encore deux rondes à jouer, il me faut encore 1 point supplémentaire pour atteindre mon objectif.

 

Ca me semble réalisable, mais...c'est ce que nous verrons dans le prochain article, cher lecteur.

 

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Quelques portraits de V.I.P : Kamran Shirazi, Namig Guliyev, Philippe Brochet (à la buvette avec Jacky), et Todor Todorov, venu en visiteur.

 

Merci à eux.

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 14:43

Au matin du deuxième jour de cet Open, je savais, pour avoir été rapidement briefée sur Facebook par Krus Ti, et cela dès le petit déjeuner, que j'allais affronter avec les noirs un adversaire "sympathique mais coriace" en la personne de Valentin Jangwa, 1777, joueur du Canal St Martin.

 

En me présentant à l'échiquier n° 24, je me suis dit que tout était possible, vu l'écart de points, et j'ai donc abordé cette ronde avec un peu plus de stress que la veille.

 

Après le café qui va bien (offert par Patrick Humbert, du club de Ris, et adversaire régulier sur QueenAlice.com), et avoir salué les joueurs de ma connaissance déjà arrivés, je me suis dirigée vers ma place, et j'ai attendu.

 

La ronde a commencé à l'heure (et c'est à remarquer, parce que ce n'est pas si souvent que les arbitres restent fermes sur l'heure du début des rondes, surtout en cas de retard de V.I.P.), j'ai enclenché la pendule, et j'ai attendu.

 

Xavier est passé pour vérifier que j'avais bien enclenché ma pendule, et j'ai attendu.

 

Je commençais déjà à me dire que j'aurais mieux fait de rentrer chez moi quand mon adversaire est arrivé, souriant, détendu, m'a saluée, a posé un livre à sa droite, m'a tendu la main en me souhaitant bonne partie, puis s'est mis tranquillement à remplir sa feuille.

 

Un peu amusée par son calme et le peu de hâte qu'il affichait, vu son retard, Je me suis mise en tête de tenter de déchiffrer le titre de son livre : "gagnez au jeu des échecs..." le mot suivant figurait en rouge, et était donc moins lisible, mais j'ai pu, au bout d'un certain temps, déchiffrer l'integralité du titre :

"gagnez au jeu des échecs amoureux" sous-titré "être heureux en amour, ça s'apprend". 

 

gagnez au jeu des échecs amoureux

 Euh...amusant !

 

C'est devenu nettement moins drôle quand il m'a planté une attaque surprenante qui m'a déroquée et fait perdre une qualité d'entrée...

 

Fallait-il abandonner ?

 

J'avais besoin de réfléchir un peu. Justement, Jean-Claude Iwanszuc, du club de Viry-Châtillon, était venu kibbitzer ma partie. Comme je ne l'avais pas encore salué, je me lève, et j'en profite pour lui parler à part du fameux bouquin, ce qui le fait sourire.

 

Mais mon adversaire n'a pas l'air d'apprécier notre aparté. Pour éclaircir les choses, je dois lui préciser que, contrairement à ce qu'il a l'air de croire, Jean-Claude et moi ne parlons nullement de la partie en cours.

 

Je me rassieds avec l'idée de tenter de sauver ce qui peut l'être, ça me fera un exercice, de continuer déroquée, après tout, ça ne m'arrive pas si souvent....

 

Voici ce que ça a donné :

 

[Event "4th Open Chess Tour Juvisy"]
[Site "Juvisy-sur-Orge"]
[Date "2012.04.07"]
[Round "2"]
[White "JANGWA Valentin 1777"]
[Black "CHAZOT Christine 1530"]
[Result "1-0"]

1. e4 c5 2. Nf3 d6 3. Bc4 Nc6 4. c3 Bg4 5. Bxf7+ Kxf7 6. Ng5+ Ke8 7. Qxg4
Nf6 8. Qe2 Ne5 9. O-O h6 10. Nf3 Nfd7 11. d4 cxd4 12. Nxd4 Nf6 13. Nd2 a6
14. N2f3 Qa5 15. b4 Nxf3+ 16. Qxf3 Qe5 17. Re1 d5 18. Bf4 dxe4 19. Bxe5
exf3 20. Nxf3 Nd7 21. Bg3 g5 22. Rac1 Bg7 23. Nd2 Rc8 24. Ne4 Kf7 25. c4
Rc6 26. b5 axb5 27. cxb5 Rcc8 28. h3 Ne5 29. Nxg5+ hxg5 30. Rxc8 Rxc8 31.
Bxe5 Bxe5 32. Rxe5 Kf6 33. Re2 Rc4 34. Rb2 b6 35. Kf1 e5 36. f3 Kf5 37. a3
Kf4 38. Kf2 Rc3 39. Rb4+ Kf5 40. a4 Rc2+ 41. Kg3 Ra2 42. Rg4 Ra3 43. h4
gxh4+ 44. Kxh4 Ra1 45. Rc4 Rh1+ 46. Kg3 Rh6 47. Rc6 Rxc6 48. bxc6 Ke6 49.
Kg4 Kd6 50. Kf5 Kxc6 51. Kxe5 Kc5 52. g4 Kb4 53. g5 Kxa4 54. g6 b5 55. g7
b4 56. g8=Q b3 57. Qg1 b2

 

Cette fois, mon adversaire va accepter d'analyser.

Et le moins que je puisse dire est qu'elle ne sera pas ordinaire, cette analyse....comme tu vas le voir !

 

Nous sommes autour de midi, nous nous installons donc à une des tables hautes qui jouxtent le bar, et, juchés sur les non moins hauts tabourets (de bar), nous nous apprêtons, feuille de partie en main, à dérouler la partie, quand, sortant de mon sac mon sandwich "poulet-salade", j'avise le livre sur les échecs amoureux, et je pose la question qui me trottait dans la tête depuis le début : "est-ce sciemment que vous avez posé ce livre au titre évocateur sur la table ?"...regard angélique de Valentin "je vous jure bien que non, je m'intéresse au développement personnel, et je suis en train de le lire en ce moment, voilà tout"...et là débute un fort intéressant échange sur le thème, qui se déroule, prend des chemins inattendus....une heure plus tard, il me parle "maïeutique", je lui réponds "serendipity", et comme il ne connaît pas, me voilà racontant  les aventures des trois princes de Serendip....

Nous sommes très loin des échecs, là (au 18ème siècle, pour être précise).

Nous trouverons tout de même le moyen d'analyser rapidement, et de trouver une variante qui obtient la nulle, sauf qu'à ce moment, il est 15h00, et que, contrairement à moi, Valentin n'a toujours pas déjeuné...

Bref, on n'a pas vu le temps passer !

 

Le temps pour moi de prendre un café et de m'informer des résultats des autres membres du club, et les appariements sont affichés : je joue avec les blancs contre Alexandre Percrule, 1199, joueur du club organisateur.

Cette partie, il faut vraiment la gagner !

 

Au 10ème coup, mon adversaire est déroqué, j'ai une qualité et un pion de plus.

Mon jeune adversaire n'abandonnera pas pour autant, ce qui est d'autant plus à son honneur qu'il a une forte pression de son entraîneur, qui passe régulièrement, et de certains joueurs de son club qui viennent aussi kibbitzer la partie. Même la perte de sa dame n'y fera rien, et la partie se terminera par un mat au 42ème coup.

 

Nous analyserons cette partie "en famille", avec la petite Bérénice (qui sera ma coriace adversaire de la 5ème ronde), deux autres jeunes joueurs, et leur entraîneur.

 

Je termine cette deuxième journée avec mon premier point.

 

Pas trop tôt !!!!

 

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 10:09

Je t'ai laissé hier, cher lecteur, dans l'attente de plus de détails sur cet Open riche en évènements (échiquéens ou non, comme tu pourras le voir), et en émotions de toutes sortes.

 

Reprenons au début, si tu le veux bien ("et surtout, arrêtons-nous bien à la fin", comme disait le Lièvre de Mars lors du goûter de non-anniversaire, et figures-toi que ça tombe merveilleusement bien, puisqu'aujourd'hui est justement mon non-anniversaire, comment, le tien aussi, cher lecteur ? super ! fermons la parenthèse).

 

Alors voilà, pour bien comprendre dans quel état d'esprit je suis arrivée vendredi dernier à cet Open, il faut avoir en tête les éléments suivants :

 

- dans la liste des inscrits, j'étais 69ème sur 91 ;

- en haut, des super-grozélos (note que je n'ai pas l'habitude d'en côtoyer autant d'un coup) ;

- en bas, des petizélos, vrais (ceux qui se terminent par 9, par exemple), ou vrais-faux (comme l'outrageusement sous-évalué 1020 de Jagarlan Ider, petite soeur de Borya, coachée de plus par son père) ;

- répartis à peu près également dans la liste, les 6 autres participants de mon club (Pierre-Yves,Gilles, Siegfried, André, Guy, Alain) ;

- deux indésirables (dont M. Immonde) ;

- pas mal de copains du coin, ou même de plus loin ;

- peu de joueuses, comme d'hab', malgré le théoriquement incitatif tarif gratuit qui leur a été accordé (note que j'ai payé mes 40 euros "tarif adulte", puisque je suis adulte...ce que certains ont du mal à comprendre, je sais, tant pis).

- parmi les joueuses, Adina, une connaissance de longue date que j'apprécie beaucoup, que je n'avais pas revue depuis plusieurs années, et dont je n'avais pas remarqué tout de suite la présence dans la liste, puisque ce que je suppose être un malencontreux copié-collé l'avait gratifiée d'un "M" dans la colonne "sexe" (colonne dont l'utilité reste donc à démontrer, mais c'est un autre débat).

-  comme on était moins de 130, les appariements ne seraient pas accélérés, j'allais donc faire le yoyo, et commencer par me faire taire la tête dès la première ronde (et sans doute aussi à la deuxième...) par un grozélo d'autant plus déterminé à ne faire qu'une bouchée de son adversaire qu'à moins de vouloir faire le sous-marin, il ne pourrait pas se permettre la moindre défaillance (même pas une nulle).

- Il y aurait Jacky et Emilie, et ça me ferait plaisir de les revoir ;

 

Côté résultat, je n'espérais rien : un 3/7 serait bien, un 3,5 très bien, tout score supérieur un cadeau inespéré.

 

Et puis, j'allais peut-être avoir la chance de contempler l'original du "Jardin des Poètes", la très belle tapisserie de Jean-Lurçat.

 

Effectivement...et ce soir-là, je dois t'avouer, cher lecteur, que ma plus belle émotion est venue d'elle, découverte en gravissant le majestueux (nous sommes dans un bâtiment typique de l'architecture des années 50) escalier de droite : le "Jardin des Poètes", lumineuse, splendide, dans un état excellent de conservation, avec ce luxe de détails et ce génie de l'agencement des couleurs propre à Lurçat, et qui fait que l'on reconnaît ses oeuvres au premier coup d'oeil.

Je la contemple, et les échecs sont très loin de mes pensées au moment où je lis les phrases patiemment tissées qui parcourent l'oeuvre : "le jour s"ouvre comme une orange", "qui apaise en appelant chaque brin d'herbe par son nom", "je m'avance pour devenir la terre et l'eau que j'ai chantées", "j'en vois de toutes les couleurs", "le poids léger et doux des bourgeons et des fruits", "c'est ton pays et mon pays, toujours plus grand ouvert, et nous le gagnerons".

La signature est là, en bas, surmontée d'une étoile...

 

20120408_Juvisy_DSCN1024_tapisserie_Lurcat.JPG 

Un moment magique...

 

Oui, mais l'heure tourne...il est temps de revenir à des choses plus prosaïques. Il est 19h20, l'Open va commencer.

 

La salle est grande et claire, Xavier (l'arbitre) est très en verve, les organisateurs ont bien fait les choses, les appariements sont facilement accessibles, et chaque joueur dispose d'un cavalier à son nom estampillé du logo de son club (en ce qui me concerne, c'est bien la première fois...).

 

A la buvette, Jacky, Emilie, et parfois Cyril en renfort, s'activent. En saluant les joueurs que je connais (et ça fait pas mal de monde...), je ne sais pas comment je me retrouve à un moment avec une canette de Coca à la main...quelqu'un (qui ?) me l'a offerte. Merci. Ca va m'arriver plusieurs fois au cours du tournoi : café, boissons, ok, merci à ceux qui m'ont fait ces petits cadeaux, ça fait plaisir.

 

19h30, c'est vrai que j'ai une partie à jouer, moi...

avec les blancs, contre Adrien Rodriguez (1951 !), il va falloir s'accrocher !

Comme je n'ai rien à perdre, je vais jouer à fond, certes pas très prudemment, mais une partie qui lui posera des questions.

 

Me croiras-tu si je te dis qu'à un moment, j'avais le contrôle de la 7ème traverse ?

La voici :

[Event "4th Open Chess Tour"]
[Site "Juvisy-sur-Orge"]
[Date "2012.04.06"]
[Round "1"]
[White "CHAZOT C. 1530"]
[Black "RODRIGUEZ A. 1951"]
[Result "0-1"]

1. d4 Nf6 2. Bf4 c5 3. e3 g6 4. Nf3 Bg7 5. Be2 O-O 6. O-O cxd4 7. exd4 d6
8. c3 b6 9. Re1 Bb7 10. Nbd2 Nbd7 11. h3 Nh5 12. Bg5 h6 13. Be3 f5 14. Nf1
Ndf6 15. Nh4 Qe8 16. Qb3+ Kh7 17. Bb5 Qc8 18. Bd2 g5 19. Nf3 Bxf3 20. gxf3
g4 21. Rxe7 gxf3 22. Qc2 Nd5 23. Bd7 Qd8 24. Bxf5+ Kh8 25. Rd7 Qf6 26. Bg4
Nhf4 27. Bxf4 Nxf4 28. Ng3 Qg5 29. Qe4 Rae8 30. Qb7 h5 31. Bxf3 Nxh3+ 32.
Kh2 Nxf2 33. Rg1 Ng4+ 34. Kh3 Nf2+ 35. Kh2 Qh4+ 36. Kg2 Ng4 37. Nf1 Re2+
38. Bxe2 Rf2#
{Black mates} 0-1

Seulement, après 23. Fd7, que mon adversaire n'avait visiblement pas envisagé, le voilà qui se prend la tête dans les mains pour réfléchir.

Longuement.

Oui mais là, j'ai faim, et je commence à avoir mal au dos. Je vais me lever, manger mon sandwich "saumon-concombre", kibbitzer un peu les parties des copains.....

 

Aller aux toilettes aussi...sauf que devinez qui s'y dirige dès que j'en prends la direction ?

C'est pas vrai ! Je l'avais oublié, celui-là !

Ok, ça ne va pas se passer comme ça : j'avertis Xavier des manoeuvres de M. Immonde, il va le suivre à la trace. La voie est libre, je peux retourner à mon échiquier sans avoir eu à revivre ce que j'avais vécu à Bagneux il y a quelques années.

 

A mon retour, je suis contente : mon objectif est atteint, j'ai posé des questions à mon adversaire. Il y en a que ça intéresse, même des gens auxquels je ne m'attends pas (Kamran, Namig....).

Mais bon, ça ne va pas durer. Je ne suis plus dedans du tout, et bien incapable de me poser encore plusieurs heures sur cette partie qui pourrait peut-être être gagnée par plus patient que moi.

Je me dis qu'on verra ça à l'analyse.

 

...sauf que l'analyse, je ne la ferai pas avec mon jeune adversaire : il voudrait bien, mais sa maman lui met illico le grappin dessus, "il ne peut pas rester, il a des choses à faire, vous comprenez !".

 

???? une minute plus tôt, il était d'accord, et puis j'avais mal noté 3 coups, j'aurais bien voulu pouvoir les recopier à partir de sa feuille de partie.

 

La non plus, pas question...mon adversaire muet et visiblement désolé de l'intervention de sa mère, me fait signe qu'il n'y peut rien.

 

Je réponds à la mère que ça ne prendrait que quelques minutes, que de toutes manières, nous aurions pu jouer bien plus longtemps, que je ne comprends pas cette urgence soudaine, rien n'y fait. Super.

 

C'est donc assez déçue de ne pas avoir pu analyser que je termine cette première ronde.

 

Tu verras, cher lecteur, que je me heurterai à d'autres refus lors de cet Open, ce qui est bien dommage.

 

Mais ça, ce sera l'objet d'un autre article...

 

 

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 19:14

Cher lecteur, tu sais mon penchant pour les tournois de parties longues, et ma frustration de ne pas pouvoir en jouer autant que je le voudrais...

 

Le jeu en équipe, ce n'est définitivement pas ma tasse de thé. Je fais régulièrement violence à ma nature pour jouer les utilités en Nationale 4, au sein de notre si sympathique équipe, mais c'est plus pour rendre service et m'astreindre à une  discipline que par goût ou par plaisir.

C'est comme ça, que veux-tu, des compétitions en équipe :

- j'aime pas l'ambiance  (souvent triste, sérieuse, parfois tendue) ;

- j'aime pas la cadence (trop longue) ;

- j'aime pas les contraintes (déplacements, horaires, 103 points et autres inventions saugrenues...) ; 

- j'aime pas me sentir responsable du résultat de mon club ;

- j'aime pas avaler mon déjeuner tôt et sans pouvoir prendre le temps de le savourer, parce qu'il faut être à l'heure pour la rencontre (on est dimanche, tout de même !) ;

- en rencontre à l'extérieur, j'aime pas devoir repartir vite fait, parfois sans avoir eu le temps d'analyser, parce qu'il se fait tard, qu'on est loin, et que demain, on reprend le collier ;

- réciproquement, j'aime pas quand mon adversaire, lui, doit repartir vite fait, et que non, il n'a pas le temps non plus d'analyser (je veux dire, s'il en a envie, bien sûr, parce qu'en plus, ce n'est pas toujours le cas !). 

Et puis tu sais bien que l'immense majorité des trucs désagréables qui me sont arrivés depuis que je joue en club se sont produits lors de rencontres par équipe !

Pas grand'chose à sauver, donc...

 

L'individuel, par contre, ça, c'est mon truc....

 

...les rapides, bien sûr, les internationaux de blitz, oui (et d'ailleurs, s'il y en avait plusieurs éditions par an, je serais preneuse !), et puis les tournois de partie longues.

Sauf que pour ces derniers, c'est compliqué.

Jusqu'ici, un par an a toujours été mon maximum.

 

Pour moi, aux contraintes familiales et professionnelles, que nous sommes (sauf exception) nombreux à connaître, s'ajoutent la nécessité de réduire la longueur des trajets, et, il faut bien l'avouer, une nette préférence pour ce que j'oserais nommer les "cadences longues-courtes", qui conviennent bien à mon tempérament impulsif de joueuse de blitz et de rapides.

 

Ca réduit pas mal les opportunités, tout ça.

 

Donc, il y a 15 jours, quand Guy (notre capitaine de N4) m'a demandé si, par hasard, je ne voudrais pas jouer la 4ème (déjà ?) édition de l'Open Chess Tour de Juvisy , je dois t'avouer que j'ai d'emblée répondu non.

 

Parce que si, côté trajet, c'était effectivement envisageable, la perspective de bloquer tout un long week-end, traditionnellement réservé aux retrouvailles en famille autour du traditionnel gigot, ne me plaisait pas trop.

Ne me plaisait pas non plus l'idée d'aller jouer une première ronde le vendredi soir, en sortant d'une (terrible, forcément terrible) semaine de travail, ni d'ailleurs celle d'enchaîner une autre (certes courte, mais tout de même...) laborieuse semaine le lendemain de la clôture du tournoi.

 

Et puis, au fur et à mesure des inscriptions des uns et des autres (dont les membres de mon club), j'y ai pensé, et repensé.

 

Je suis allée sur le site du club organisateur (ou je connais pas mal de monde, dont Jacky, et Emilie, très sympathiques joueurs que j'avais connus du temps où j'étais au Grand Roque) http://www.tourdejuvisy.com/spip.php?rubrique60.

 

La cadence, les horaires, la distance, le montant de l'inscription (40 euros)...tout ça n'était pas mal...

 

Et puis je suis allée, par curiosité, regarder des photos de la salle, et je dois dire que ça a été décisif : excellentes conditions de jeu, apparemment.

 

Je me suis donc inscrite.

 

Restait la fatigue du lendemain à gérer, et tenter de m'organiser pour arriver à l'heure pour la première ronde, celle du vendredi soir.

Là, j'ai eu de la chance : une journée de récupération à prendre obligatoirement ce mois-ci (sinon, perdue), et personne parmi mes collègues n'avait demandé à s'absenter autour du week-end de Pâques, un jour avant, 2 jours après, ça serait donc repos !

 

Tout allais donc pour le mieux, jusqu'à ce que je découvre, horrifiée, en allant consulter le détail de la liste des inscrits, que M. Immonde avait eu la même idée que moi (non, lecteur, je t'arrête tout de suite, ce n'est pas moi qui ai eu la même idée que lui...M. Immonde n'a pas d'idées, je ne peux donc pas avoir les mêmes).

Catastrophe...

 

A propos de M. Immonde, et pour bien comprendre de quoi je parle, ce lien peut être utile :  http://chouia-au-pays-des-echecs.over-blog.fr/article-portrait-de-joueur-monsieur-immonde-et-les-dames-38991490.html

 

C'était certes une vieille histoire, mais tout de même... et puis je m'attendais d'autant moins à cette (mauvaise) surprise que mon ami Olivier Delpech m'avait assuré il y a quelques mois du fait que l'individu était sorti du circuit.

 

Te dire que je ne me suis pas longuement interrogée sur la pertinence du maintien de mon inscription serait mentir.

D'ailleurs, je n'ai pas fait que m'interroger, j'en ai profité pour interroger les autres aussi (pendant que j'y étais !). Facebook, c'est pratique pour ça.

 

Après avoir pris les avis et conseils des uns et des autres, j'ai décidé de le jouer tout de même, cet Open.

 

Ben, j'ai eu raison.

 

Franchement, rien à regretter !

 

Car s'il y a bien un Open de parties longues à conseiller, c'est celui-là.

 

Difficile de trouver à redire dans ces 3 jours et demie d'échecs.

 

Mon bilan :

- 3/7, objectif (difficilement) atteint ; 

- pour faire court, j'ai perdu contre les mieux classés, gagné contre les moins bien lotis ;

- aucune partie à regretter : j'ai joué à mon (petit) niveau, sans bourde ;

- 5ème de ma catégorie à cause d'un départage défavorable ;

- Quelques jolies rencontres ;

- des tas de parties en loisir ;

- des analyses formatrices ;

- des parties passionnantes à kibbitzer ;

- des chocolats et le pot de l'amitié offerts par les organisateurs ;

- une belle salle, claire, confortable ;

 

20120408_1005_Juvisy.JPG

 

- la surprise de me voir remettre le prix (????) de championne de l'Essonne.

 

Là-dessus, une anecdote : j'avais cru que Jacky Groz (président et organisateur) et Xavier Rubini (arbitre et animateur à ses heures) plaisantaient quand ils me l'avaient annoncé.

Je ne suis bien sûr pas la meilleure joueuse de l'Essonne, et puis quand bien même, je suis contre les prix féminins...et c'est sur moi que c'est tombé !

J'ai un peu été prise de court, et je n'en reviens toujours pas d'avoir dû dans la foulée poser "pour la postérité" en compagnie du champion de l'Essonne, joueur que je déteste cordialement (et c'est bien réciproque...), et que j'avais envoyé péter 4 heures plus tôt, lorsqu'il avait voulu intervenir sur mes parties jouées en loisir avec Emilie.
Dialogue surréaliste sous les flash : moi "je n'ai pas envie d'être sur la même photo que toi", lui (souriant les dents serrées) "souris, fais un effort, j'en fais bien un, moi !".

 

Bref, un super-week-end d'échecs (mais j'y reviendrai en détail dans un prochain article) !

 

La grille américaine, c'est ici http://canalsaintmartin.blogspot.fr/ .

 

Le lecteur avisé remarquera à ce propos qu'Andreï Shchekachev termine bon dernier de cet Open, ce qui en dit long sur son niveau...(ou pas !).

 

P.S. : quid de M. Immonde ? ben, il a bien tenté quelques travaux d'approche, mais il faut croire que la machine jadis si bien huilée ne tient plus la route (ou alors c'est moi qui sais mieux gérer la question ?). Parions que vous n'entendrez plus parler de lui à l'avenir, et c'est tant mieux, parce qu'honnêtement, j'ai autrement plus amusant à raconter !!!

 

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 16:44

Vendredi soir, au club, c'était galette !!!

 

On avait invité des tas de gens, dont nos voisins du Grand-Roque, seulement eux, comme ils sont du genre sérieux, même en début d'année, ils avaient programmé un cours dont le titre aussi mystérieux qu'évocateur, "sauvetage miraculeux", m'a laissée un moment rêveuse....

 

...mais un moment seulement, parce que bon, après une semaine de reprise (space, forcément space !), ce qu'il me fallait, c'était plus de la détente entre copains que du calcul de variante.

Même si le cours était donné par Joachim Iglésias, entraîneur sympathique, et dont certaines interventions sur le forum de France-Echecs me donnent à penser qu'il en sait tout de même un rayon sur le coaching et la pédagogie, contrairement à certains joueurs qui croient qu'un classement élevé suffit à les transformer de fait en excellents formateurs.

 

Et puis je sais bien qu'aucun sauvetage, même miraculeux, ne pourra jamais rattraper mon jeu calamiteux...

 

Alors qu'une galette, ça peut consoler de bien des choses, surtout si elle est partagée dans la bonne humeur, et arrosée comme il se doit du cidre qui va bien.

 

J'ai donc passé une excellente soirée en compagnie de mes potes du club, et aussi d'autres "anciens" (Stéphane, Thomas et Charles) et "extérieurs" (Pierre-Yves) qui étaient venus blitzer en toute amitié :

 

06012012940-copie-1.jpg

 

Ci-dessus, les joyeux convives, avec, de gauche à droite : Stéphane, Thomas, Pierre-Yves, Guy (président), Jean-Marc (trésorier), Chouia, Siegfried, Christian, Gilles, Alain, Noël. Manquent : Nathalie (passée brièvement quelques minutes plus tard accompagnée de ses enfants Maxime et Roxanne), et André (secrétaire, en vacances, le veinard !). Photo prise par Charles.

 

Je suis restée très raisonnable ce soir-là (pas trop de galette, pas trop de cidre, pas trop de blitz, et le tout pas trop longtemps, histoire de ne pas me coucher trop tard), vu que le lendemain, je jouais au 4ème échiquier la 3ème ronde du Championnat de l'Essonne, contre Ris Orangis.

 

Normalement, c'était Ris qui devait nous recevoir, mais pour une raison que j'ignore, la rencontre s'est déroulée dans nos locaux, et j'ai donc conduit les blancs.

 

En l'absence d'André, c'est Guy qui a assuré le capitanat par intérim, ce qui a une certaine importance, comme tu pourras le constater plus tard, cher lecteur, car il n'avait jamais été destinataire des mails que le directeur de la compétition avait adressés aux capitaines en début de saison..

Par curiosité, j'avais été faire un tour sur le site de la FFE, histoire d'avoir une idée du gabarit de ceux que nous allions rencontrer, et je dois dire que je n'étais guère optimiste quant au résultat, sachant que l'équipe-fanion affichait tout de même une moyenne Elo nettement supérieure à la nôtre.

Guy n'était pas inquiet : il m'avait assuré que ce n'était pas l'équipe-fanion que Guy Pérolle (le capitaine de Ris) avait l'intention d'aligner....

 

ben en fait, si !

 

Donc, samedi à 14h20, les noirs ont appuyé sur la pendule, après un curieux échange entre Guy Pérolle et moi-même, sur le ton de la plaisanterie (pour ma part), mais que j'ai ensuite regretté de ne pas avoir pris au pied de la lettre :

Lui : "je vous rappelle que la cadence est 40 cps/2H+30mn KO"

Moi : "je vous rappelle que vous ne partagerez notre galette que si vous nous laissez gagner".

 

Les 30mnKO, je n'avais jamais vu ça, on avait toujours joué jusqu'ici à 40cps/2H+1HKO, et puis, franchement, je ne suis pas trop concernée par les détails des cadences de parties longues, vu que je joue toujours très rapidement, que les zeitnot, c'est jamais pour moi, et que mes 40 coups, j'ai pas besoin de 2 heures de réflexion pour les jouer....la cadence, en ce qui me concerne, ça me sert juste à expliquer, le cas échéant, le stress de mon adversaire qui se retrouve en crise de temps, et guetter le tomber du drapeau.

Je n'ai donc pas relevé ce qui aurait du m'intriguer...dommage pour Alain et Guy, qui n'avaient pas entendu, et qui vont chèrement en payer les conséquences quelques heures plus tard !

 

Les forces en présence étaient les suivantes :

 

              RIS ORANGIS                                                                                               Echecs.mat EVRY

 

     Sébastien FERRE   1913 F                                                                          Guy JOUY                         1748 F

    Julian  GONZALEZ   1860  F                                                                          Christian ATANLEY         1570 F

    Guy PEROLLE           1694 F                                                                           Alain BARTHELEMY       1514 F

    Philippe TOPENAS   1610 N                                                                          Christine CHAZOT          1530 N

 

Quand je disais que c'était pas gagné....

 

Mais tout est possible, aux échecs, le classement, ce n'est qu'un chiffre, et bien que certains le sacralisent au point de dramatiser le moindre point perdu et d'encenser le plus petit point gagné, il ne représente que très partiellement le niveau de jeu réel.

Alors, même pas peur, on a joué en y croyant, et une demie-heure plus tard, ça tenait plutôt bien, dans l'ensemble : Guy et moi avions des parties égales où tout restait encore à faire, Christian et Alain avaient des parties gagnantes.

 

Et puis ça a bien sûr évolué :

Christian, trop confiant de son propre aveu, a fait une imprécision que Julian a aussitôt exploitée....1-0 pour Ris.

 

Pendant ce temps-là, j'ai tranquillement déroulé mon attaque sur l'aile-dame (celle qui m'avait si bien réussi contre Monsieur Bas-de-Plafond à la 8ème ronde des fermés d'Evry) contre un adversaire qui, m'ayant privé de mon fou blanc lors d'un échange, croyait son roque à l'abri d'une attaque, et pour longtemps (c'est du moins l'explication qu'il m'a donnée à l'analyse...), et concentrait toutes ses forces à l'aile-roi, mais en prenant son temps.

Tout miser sur le contrôle de la colonne C, ça a payé : au 27ème coup, j'ai déclenché une suite à l'issue de laquelle j'ai gagné la colonne et un pion, suivie de la prise d'un 2ème pion deux coups plus tard.

Gain par abandon : 1-1

 

Les deux parties restantes étaient donc décisives.

Guy était en mauvaise posture avec trois pions en moins en finale, mais trouvait encore des ressources pour espérer une nulle...

et Alain avait consolidé sa position, sa partie était hyper-gagnante.

Je ne comprenais d'ailleurs pas bien pourquoi Guy Pérolle n'avait pas encore abandonné à ce stade, mais bon, c'est parfaitement son droit, après tout., me disais-je, quand soudain, il dit (à ma grande surprise !) : "vous êtes tombé !". 

07012012964.jpg

 

Ci-dessus : à droite, Alain prend tout son temps pour réfléchir, et continue à noter ses coups, ignorant qu'il se trouve en zeitnot (cf. la pendule dont la grande aiguille est presque verticale).

 

!!!!...et c'est là qu'il nous rappelle la cadence....

 

Tu devines notre surprise...

 

les deux parties en cours sont interrompues.

 

Je demande un écrit à l'appui de ses affirmations : après tout, jusqu'à maintenant , ce Championnat avait toujours été joué à la classique cadence de 40cps/2H+1HKO.

De plus, 8 années en compétition et de nombreuses expériences malheureuses m'ont appris à ne plus croire personne sur parole dans ce milieu.

 

C'est triste, et je suis la première à le regretter, mais c'est comme ça.

 

Guy Pérolle, un peu agaçé par ma réaction (calme, mais tout de même très ferme), va chercher dans ses documents un mail de Jean-Claude Iwanczuk (directeur de la compétition) à tous les capitaines, évoquant certes la nouvelle cadence, mais je ne suis pas convaincue.

Je demande à appeler Jean-Claude pour confirmation.

Il confirme.

Nous sommes alors dans une drôle de situation : je rappelle que, même si Alain est tombé, il aurait gagné s'il avait été informé du fait qu'il était en zeitnot, ne serais-ce que parce qu'il aurait joué plus rapidement sans l'obligation de noter ses coups.

D'autre part, dans la position où se trouve l'aiguille à 30mnKO, le tombé du drapeau ne peut être observé, et la perte au temps reste donc très subjective.

Guy (Jouy, notre capitaine) fait en outre remarquer le manque de fair-play qui a consisté à "laisser faire" un adversaire manifestement dans l'ignorance de la vraie cadence.

Guy Pérolle rappelle alors avoir évoqué publiquement la nouvelle cadence avant le début de la ronde.

Je suis hélas la seule à avoir entendu.

Notre capitaine rappelle que nous sommes à la 3ème ronde, que les 2 premières ont été jouées à la cadence habituelle, sans que les autres équipes aient réagi....posant ainsi la question de la validité des résultats des rondes précédentes.

 

Tout ça est loin d'être simple, mais il reste exact que, si l'on s'en tient strictement au réglement, Guy Jouy et Alain ont perdu leurs parties au temps.

 

Il faut prendre une décision : ce sera 3-1 pour Ris-Orangis, avec des réserves de la part de notre capitaine.

 

Au dernières nouvelles, Guy Pérolle aurait proposé de rejouer sa partie contre Alain, sous réserve de l'accord du directeur de la compétition, ce qui est à saluer.

 

Nous n'en savons pas plus pour le moment en ce qui concerne la validité des parties jouées lors des deux premières rondes.

 

Alors bien sûr, on s'est quittés après avoir partagé la galette, parce que les joueurs de Ris sont des voisins sympas et agréables à jouer, mais bon, cette rencontre a tout de même été un peu gâchée par cet incident....quelle idée, aussi, de changer une cadence qui convenait à tous (il paraît que c'est pour permettre aux joueurs de finir plus tôt....).

 

...quant à moi, en jouant 25mn en tout (plus de 2 heures jouées par mon adversaire), pas de risque de contestation pour ma 11ème partie longue gagnée d'affilée (même qu'il va falloir que ça s'arrête, c'est pas normal !!!!).

 

A la demande de certains lecteurs, voici ma partie : (attention, notation anglaise, vu qu'elle est saisie sous Winboard) :

 

d1. d4 e5 2. c3 exd4 3. cxd4 d5 4. Bf4 Nf6 5. e3 Be7 6. Nf3 c6 7. Be2 Bg4 8.
O-O Nbd7 9. Nbd2 O-O 10. Ne5 Bxe2 11. Qxe2 Nxe5 12. Bxe5 Re8 13. a3 Qd7 14.
h3 Qe6 15. Qd1 Bd6 16. Bxd6 Qxd6 17. b4 Re6 18. Rc1 Rae8 19. Rc3 Ne4 20.
Nxe4 Rxe4 21. Qc2 R4e6 22. Rc1 Qd7 23. Qa4 b5 24. Qc2 Rg6 25. Kh2 Rc8 26.
Rc5 Rc7 27. a4 a6 28. axb5 axb5 29. Kh1 Rb7 30. Rxc6 Rxc6 31. Qxc6 Qxc6 32.
Rxc6 Kf8 33. Rc5 Ke7 34. Rxd5 Ke6 35. Rc5 abandon des noirs.

 

 

 

 

 

Par Chouia - Publié dans : compétitions par équipe
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 14:04

Que te souhaiter en ce terne premier jour de l'année, cher lecteur (je dis "terne", rapport à l'intéressant gris-béton arboré en ce moment-même par le ciel de ma riante banlieue, même que c'est pitié, vu qu'hier encore, on aurait pu croire que le soleil allait faire un effort, mais non, même pas....) ?

 

...de joyeuses Pâques, par exemple, si je me fie au très fantaisiste proverbe "Jour de l'An terne, Pâques beau", qu'aimais citer une de mes trisaïeules, dont la vie, émaillée d'épisodes plus désastreux les uns que les autres, avait fait d'elle, contre toute attente, une joyeuse "trublionne", jamais à court de bons mots, et d'un optimisme à toute épreuve, même dans les moments les plus sombres ?

 

...de joyeuses Pâques...et pourquoi pas, après tout, sachant qu'en 2012, Pâques, justement, ne sera pas si loin d'une échéance électorale dont l'issue pourrait bien décider de ce que pourrait être notre devenir à tous...

 

Pour 2012, certes, mais...pour les années qui vont suivre aussi (du moins si le calendrier aztèque ne s'en mêle pas entre temps !).

 

...de joyeuses Pâques, donc, (ça, c'est fait !), mais pas seulement.

 

Car les choses vont si mal actuellement dans le monde (et je ne parle pas que de la météo, qui a tout de même l'avantage d'être variable, surtout sous nos latitudes, et puis un ciel gris et pluvieux début janvier, au fond, ne présage en rien de la suite....contrairement à la conjoncture économique et sociale actuelle !), et il y a tant de trucs qui devraient être améliorés, qu'on ne sait en fait pas par quoi commencer, quand il s'agit de formuler les traditionnels voeux de début d'année.

 

C'est pourquoi je vais prudemment me cantonner au domaine des échecs, qui, lui aussi, pourrait aller tellement mieux si :

 

- certains comprenaient que "tricher n'est pas jouer" (et pas que devant l'échiquier) ;

 

- certains s'appliquaient à eux-mêmes les règles qu'ils imposent aux autres (et je ne parle pas que des nulles) ;

 

- la FFE avait un vrai président qui préside (si possible en suivant un vrai programme) ;

 

- la FIDE avait un président honnête (pour faire court, parce que si je commence à developper....) ;

 

- l'omerta, le copinage, le népotisme, et la censure ne régnaient pas jusqu'au plus haut niveau (là aussi, je fais court) ;

 

- certains cessaient de confondre information et propagande (et je pense là à une revue d'échecs...pardon, à LA revue d'échecs) ;

 

- certains apprenaient à dire "joueuse" au lieu de "féminine" (si possible sans condescendance amusée) ;

 

- certains cessaient de croire qu'il y a corrélation directe entre Elo et QI, échecs et intelligence (et donc, arrêtaient de "se la péter" à bon compte) ;

 

- certains apprenaient la modestie et la bienveillance, voire, la gentillesse (oui, je sais, c'est horriblement démodé) ;

 

- certains comprenaient que massacrer la pendule en zeitnot ne les fera pas jouer mieux (ça casse juste la pendule) ;

 

- certains réalisaient qu'on peut être super-fort et cool (sisi ! c'est possible, dans d'autres milieux, ça s'appelle même "avoir la classe") ;

 

- certains comprenaient que les échecs, c'est pas la guerre (d'ailleurs, ceux-là même qui se prennent pour des "warriors" ne survivraient pas deux secondes dans un conflit), même pas au niveau symbolique.

 

- certains apprenaient à se laver le matin, s'habiller correctement, dire bonjour, au revoir, et se laver les mains après être passés au toilettes (et dire que certains non-joueurs gobent que les "échecs sont une école de discipline et de respect des règles", passons...)....

 

...je vais arrêter là, cher lecteur, car, en relisant ma liste, je réalise ce qu'elle a d'utopique, voire d'absurde...parce qu'après tout, il s'agit de présenter mes voeux, certes, mais tout de même des trucs réalisables, hein ? 

 

Et puis, quand les voeux de début d'année ne se réalisent pas, on est tout de même un peu déçu, non ?

...et je m'en voudrais, si l'année 2012 était pour toi (et pour nous tous), l'année de...tous les échecs...

 

Alors bon, pourquoi pas te souhaiter, pour 2012, ce dont la majorité des joueurs d'échecs rêve chaque saison ?

 

Plein de super-parties contre des adversaires sympas, avec plein de points Elo à la clé !

 

Allez, bonne année 2012, cher lecteur !!!!

 

3D_graphic_Chess_005856.jpg

 

 

Par Chouia - Publié dans : billet d'humeur
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 11:10

L'année 2011 se termine, cher lecteur, elle fut riche en évènements de toutes sortes, au niveau mondial, comme au niveau personnel, et certains d'entre nous font face actuellement à de graves difficultés, ou simplement à de grandes inquiétudes pour l'avenir...

 

Pour ma part, 2011 fut une année charnière, où j'ai certes beaucoup donné de moi-même, mais reçu en retour largement plus que je n'aurais pu espérer, que ce soit dans le domaine familial, professionnel, amical...

....ou échiquéen, où mon retour progressif à la compétition a été largement bénéfique, et m'encourage à continuer.

En a-t-il été de même pour toi ?

 

En ces temps de fêtes et de retrouvailles familiales, laisses-moi te souhaiter de douces, joyeuses, et paisibles fêtes de fin d'année, avant de te retrouver en janvier 2012, pour de nouvelles aventures autour de l'échiquier.....

 

...en tournoi individuel ou en équipe, au club ou sur le net, en amateur ou en professionnel, ou...

tout simplement en couple, devant un bon feu, alors qu'il neige dehors (et même que le monsieur a poussé la délicatesse jusqu'à enfiler une chemise de circonstance...)... 

 

couple-echecs.jpg

Par Chouia - Publié dans : rêvons un peu...
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