Vendredi 13 novembre 2009

Sais-tu, lecteur adoré (*)(et tu vas vite comprendre le pourquoi de ce qualificatif dithyrambique....), que c'est aujourd'hui la "Journée de la gentillesse" ???? 
http://www.20minutes.fr/article/359443/Media-Journee-de-la-gentillesse.php

Ca tombe mal, vu que, justement, on m'a dit récemment que j'étais pas gentille....

Qui ça ? un arbitre.

Et qu'ai-je donc fait pour mériter ça ? Ben....dans mon blog, il paraît que j'ai dit "des choses pas gentilles sur son arbitrage".

Mais toi et moi, on sait bien que c'est faux : ce que j'ai dit, en fait, c'est plutôt "des choses pas gentilles sur son non-arbitrage".

Et encore, il faudrait s'entendre sur le terme "choses pas gentilles"....

Ce qu'il y a de bien avec ce genre d'arbitre, c'est que quand un joueur se comporte mal, gêne son adversaire et ses voisins, et ceci pendant plusieurs rondes....il n'intervient que si on va le chercher...et encore....très très mollement....

Mais par contre, ça ne le gêne pas du tout d'interrompre, sans y avoir été invité, une conversation entre joueurs qui ont fini leur ronde pour venir se plaindre de façon véhémente du fait qu'on ait relaté l'évènement.
Car enfin, qui est en tort, dans l'affaire ? le joueur gougnafier, ou celle qui raconte les faits (et encore, de manière très soft....) ?
Oui, rien que les faits...et pourtant, quelle réaction ! J'ai tout de même été invitée à me méfier d'une plainte en diffamation...

Car oui, aux échecs, il peut se produire les pires incidents, ce n'est pas grave, du moment que ça ne sort pas de l'aire de jeu...que ça ne devienne pas public, surtout pas !

Ce n'est pas celui qui a commis les faits qui est présumé coupable, c'est celui qui les a racontés. Et qui a aussi, par la même occasion, raconté....que, si personne n'avait été chercher l'arbitre, les faits auraient continué.

Tout va toujours très bien chez nous, c'est bien connu, et ceux qui disent le contraire nuisent à la réputation des échecs...

Omerta.

Je ne sais pas si tu as jamais eu la curiosité, lecteur bien-aimé (*), d'aller faire un tour sur le site de la Fédération, à la rubrique "discipline", pour lire une des décisions disciplinaires telles que celle-ci  http://www.echecs.asso.fr/Discipline/2008-05.pdf  ?
Je suis allée moi-même la chercher, avec mon casque et mon piolet, tant il est vrai que pour s'y retrouver, dans la jungle de ce site, il faut de l'expérience et du courage....
Donc, en voici une, assez gratinée comme tu peux le constater (et puis, le requérant est Thomas Lemoine, un arbitre que j'apprécie particulièrement, lui !), et qui prouve, si besoin était, que, contrairement à ce que racontent certains, il n'y a pas qu'à moi qu'il arrive de rencontrer des gens complètement barrés dans ce milieu....
Bien sûr, ce genre de décision n'est pas monnaie courante, vu que, comme je te l'ai déjà raconté précédemment, si tu veux porter plainte auprès des instances disciplinaires, c'est carrément la croix et la bannière.
Du coup, peu de plaintes (parce qu'on sait bien que ça a peu de chances d'aboutir), et parmi elles, peu donnant lieu à des décisions....et quand décision il y a....on voit ce que ça donne...
Tu ne remarques rien ?
Vraiment ?
Ben moi, si : les noms des personnes en tort ont été remplacés par des initiales....
Et ça, c'est vraiment curieux, parce que, justement, l'objet d'une sanction, c'est pas aussi qu'elle soit suffisamment explicite et publique pour avoir valeur d'exemple ?

Ben non, apparemment....

Faut pas qu'on sache que ça peut arriver, ce genre de truc...et si on arrive à le savoir, faut pas dire qui l'a fait...

Donc, la pas-gentille, c'est celle qui raconte...ben pas grave, j'assume.

Et tu peux compter sur moi, merveilleux (*) lecteur, pour continuer à te raconter tout ce qui me semblera bizarre, anormal, injuste, illicite, ou répréhensible, dans notre petit monde.

Même si ça fait pas plaisir à certains (mais aussi, c'est pas le but, hein ?)....


"En choeur ils se taisent"....c'est exactement ça !

(*) Ben oui ! c'est la journée de la gentillesse, oui ou non ?



Par Chouia - Publié dans : billet d'humeur
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Dimanche 8 novembre 2009

Si tu as des enfants, cher lecteur, ou si tu es toi-même resté un enfant  au fond de toi (ce dont il est difficile de douter, puisque tu joues aux échecs....), tu connais certainement les aventures hautes en couleur de Mr Bonhomme et de sa joyeuse bande : Mr Bizarre, Mr Heureux, Mme Bonheur, et j'en passe...



"Ca t'a plu, hein, tu en veux encore ? et bien, voici l'histoire de" (*) Monsieur Immonde.

Alors voilà : Monsieur Immonde est joueur d'échecs. D'un bon niveau même. J'en veux pour preuve le prix qu'il a récemment remporté dans un des (hélas !) nombreux tournois de la région parisienne où je l'ai (hélas !) croisé.
Sa passion première (du moins apparemment....), c'est donc les échecs, mais il en a hélas une autre, qui le dévore et rend la vie impossible à la plupart des malheureuses féminines sur lesquelles il jette régulièrement  son dévolu : le harcèlement.

Féminine, ma soeur, écoute bien ce que je m'apprête à te raconter, car pour espérer remporter la partie contre Monsieur Immonde, il faut une sacrée préparation, et ce n'est certes pas sur Chessbase que tu pourras la trouver !

En ce qui me concerne, il m'a fallu me battre pendant de nombreuses et pénibles rondes pour obtenir de sa part l'abandon qui aurait dû se produire dès notre premier contact, il y a tout de même 4 ans !

Car Monsieur Immonde a, comme tout joueur d'échecs qui se respecte, un plan. Dès qu'il a repéré sa future victime, il va l'appliquer, quoi qu'il arrive, et, quels que soient les obstacles qui se dresseront sur son chemin, il suivra sa ligne :

- L'ouverture : il va commencer par te féliciter sur tes résultats. Ca, c'est assez courant de la part des joueurs que tu connais, mais tu sais comme moi que c'est aussi l'entrée en matière préférée de ceux qui ne te connaissent pas, le prétexte rêvé pour faire connaissance, justement : tu reçois un prix, tu fais une bonne perf, et hop, des joueurs totalement inconnus viennent te féliciter.
Jusque là, rien à dire, c'est même assez sympathique....tant que ça en reste là.
Oui, mais....Mr Immonde, justement, n'en reste pas là (il a un plan, je te dis !), il va donc passer à la 2ème étape :

 

- Le développement : il est désolé de ne pas avoir été apparié contre toi, vu ton jeu original et passionnant (ben voyons !) mais heureusement pour lui, au fond, parce que de toutes façons, il n'aurait jamais pu gagner contre toi.....
Là, tu es bien sûr un peu étonnée (il culmine à plus de 400 points de plus que toi, tout de même !), tu lui demandes pourquoi (et là, déjà, tu as tort !), et il te répond la phrase qui tue : "parce qu'il aurait été incapable de se concentrer, étant donné le charme de tes magnifiques...." et là, il cite une partie de ton anatomie...
Direct !
Outre que c'est n'importe quoi, ça signifie tout de même que tu gagnes par des moyens illégaux : en "charmant" tes adversaires !
Là, si tu es une joueuse normalement constituée, tu vas l'envoyer chier direct.
Seulement, si tu crois que ça va le décourager...
Au tournoi suivant, il va donc passer à la 3ème étape :

- la phase de consolidation : après s'être platement excusé pour avoir été "si maladroit" (doux euphémisme) la fois précédente, il va tout faire dans l'espoir de regagner ta confiance, et là, réattaquer sur ce qui lui plaît le plus chez toi : la partie de ton anatomie qu'il trouve "charmante". C'est bizarre, mais soudain, de tes résultats, de ton jeu "original et passionnant", plus question...
Par contre, tu vas assister, ahurie, à un des exposés les plus délirants de ta vie : l'oeil allumé et la main fébrile, Monsieur Immonde va se poser en "expert" de la chose, car figures-toi qu'il "a étudié pendant toute sa vie" les représentations de ce morceau de l'anatomie féminine. Les tableaux, les statues, les chansons, les poèmes....tout y passe !
A ce moment, tu sais déjà que tu as affaire à un gars un peu jeté, mais bon, il y en a tellement dans notre milieu, et puis la prochaine ronde va bientôt commencer, alors, tu sais que ça ne va pas s'éterniser.
Tu le laisses parler.
Et tu as tort, parce qu'il va naturellement interpréter ce qui n'est que de la patience et de la politesse de ta part comme un encouragement.
Et donc, fort logiquement, dès qu'il le pourra, il passera à la 4ème étape :

- l'attaque : Elle est simple, directe, et sans bavure : Mr Immonde est un expert mondial de la chose (il estime en avoir suffisamment fait la démonstration lors de la 3ème étape), et il est donc en mesure d'affirmer que tu en possèdes le plus bel exemplaire.
D'ailleurs, dès qu'il a "posé les yeux sur toi", il a eu "un choc esthétique" (!!!!).
Tu es donc la femme de sa vie.
C.Q.F.D.
Euh....
A ce stade, plus de doute : cet individu n'est pas seulement un peu jeté, mais complètement barré. Le problème va être de trouver le contre-jeu qui va te permettre de t'en débarrasser.....
...si possible sans créer d'incident (la ronde ne va pas tarder). Tu n'es pas inquiète outre-mesure, il est certes barré, mais sûrement raisonnable, hein ? En qualité de joueur d'échecs chevronné, il est capable de mener un raisonnement simple, il comprendra vite que c'est le moment d'abandonner. 
Seulement voilà, Mr Immonde a de la ressource, il a réponse à tout, et à chacun de tes arguments, va savoir opposer :

- la défense : Tu lui rappelles que tu n'es pas née de la dernière pluie, que ses sornettes peuvent peut-être ébranler une jeune fille en fleur, mais que là, il parle à une dame de 50 ans ? pas grave, "ton âge, tu ne le fais pas", et puis ce qu'il aime, c'est justement les femmes mûres, lui-même a juste quelques années de plus, et de toutes façons, l'amour ne s'encombre pas de ce genre de détail....
Tu es mariée ? pas grave non plus, il n'est pas jaloux, et puis le divorce n'est pas fait pour les chiens. Il ne craint pas ton mari (il a repéré qu'il ne jouait pas ce tournoi), et il saurait l'affronter si nécessaire...
Il ne te plaît pas, mais alors pas du tout (ben oui, il faut tout de même devenir impolie, au bout d'un moment !)? pas grave encore, "il aimera pour deux", et comme c'est le "destin qui nous aura réunis", tu finiras par l'aimer toi aussi...
Heureusement, la prochaine ronde va te délivrer de ce lourd, mais tu sais déjà que ce n'est que provisoire.

Sur ce, les appariements s'affichent, et, pour ton malheur, tu joues contre lui...et cela va donner à ton pénible adversaire l'occasion de mener :

- La contre-attaque : Ravi, Monsieur Immonde va alors aller jusqu'au bout de son immonde logique, et te proposer un marché : le gain contre...certaines privautés.
Et comme, sidérée par un tel culot, tu cherches la bonne façon de signifier ta manière de penser à celui qui vient, en une seule phrase, de passer du statut d'adversaire à celui d'ennemi, ...lui, prenant ton silence pour une interrogation, se permettra de préciser la nature de sa proposition : il a plus de 400 points de plus, c'est super-intéressant pour toi, à deux points de vue, le classement, et la possibilité de remporter un prix....allez, quoi....
Et là, tu te précipites aux toilettes, prise de nausées.
La ronde commence dans quelques minutes, t'es en zeitnot, là.
Tu te regardes dans la glace et tu examines mentalement les coups candidats :
- céder à l'envie au fond légitime de l'étrangler, juste pour lui apprendre à vivre, à cet ignoble individu ! Hélas, c'est interdit par la loi, et puis vu la taille et le poids de l'intéressé, t'es même pas sûre d'y arriver....
- l'insulter copieusement en public, mais on te prendrait pour une hystérique (déjà qu'on te regarde d'un drôle d'oeil, vu que  tu es la seule femme présente...)  et c'est toi qui te ferais expulser du tournoi...
- en parler à l'arbitre, seulement, la proposition de truquer les résultats, tu as déjà vécu ça (la dernière fois, c'était aux Championnats de blitz de 2007, cette fois-là, ton adversaire espérait juste partager le prix, mais quand même...), et tu sais déjà ce que l'arbitre te répondrait "je ne peux rien faire, c'est votre parole contre la sienne" ;
- faire forfait (parce que l'idée de jouer contre lui te dégoûte), mais là, justement, il faudrait le justifier à l'arbitre....qui te ferait la même réponse que ci-dessus ;
- jouer juste un coup, quitter la table, et tomber au temps, mais pourquoi tu lui donnerais le point, à ce type ? 
- serrer les dents et jouer, mais sans envie de gagner, parce qu'il resterait toujours le doute qu'il ait fait exprès de perdre, et qu'il en prenne ensuite prétexte pour....

Ta décision est prise, tu vas jouer. 
Tu reviens dans l'aire de jeux, et ton calvaire va commencer :
- Déjà, tu vas devoir lui serrer la main.
- Tu vas être à moins d'un mètre de lui.
- Tu vas partager le même échiquier, la même pendule.
- Les pièces que tu vas capturer auront été touchées par ses grosses pattes dégoûtantes.
- Bien sûr, il va te jeter des regards qu'il croit amoureux et qui ne sont que libidineux.
- Et étendre ses jambes jusque sous ta chaise.
Heureusement, c'est un rapide (le tournoi, pas le joueur !). 
Heureusement, tu as les noirs, et ta sicilienne ne tiendra pas longtemps.
Et puis, tu as prévenu ton pote Christian (1m90, 100 kg) qui joue à la table voisine : à la moindre alerte, il le ratatine.
Bien sûr, tu perds contre Monsieur Immonde, et comme il veut te serrer la main, tu refuses, et tu lui signifies de ne plus jamais t'adresser la parole.
Là, tu crois que c'est bon, désormais, il a compris, tu n'entendras plus parler de lui.
Je sais que c'est difficile à croire, mais....tu te trompes !
Parce que, pour Mr Immonde, pas question d'abandonner, la partie vient juste d'entrer dans la phase suivante :

- La finale : le lendemain, tu ouvres ta boîte mail, et que trouves-tu ? un message de Mr Immonde ! (comment s'est-il procuré ton adresse ? ben c'est simple, tu es capitaine, donc elle est sur le site de la fédération !)
Il garde un excellent souvenir de la veille, a bien compris qu'il ta heurtée avec sa proposition, s'en excuse, et espère bien te croiser à nouveau dans un prochain tournoi....
Là, tu baisses les bras ! T'es une grande fille qui, habituellement, sait régler seule ce genre d'affaire, mais là, tu as atteint tes limites....
Tu transmets le mail à ton conjoint, qui lui enjoint de ne plus t'importuner.
Mais Mr Immonde ne se démonte pas pour autant...il t'avait d'ailleurs dit qu'il saurait affronter ton mari si nécessaire...
Il va donc lui répondre en le traitant de...cinglé (ce qui, venant de sa part, ne manque pas de sel...) !
Au tournoi suivant, et malgré la présence de ton mari, il va à nouveau t'adresser la parole....
Tout ça se terminera par où ça aurait dû commencer : Monsieur Immonde n'abandonnera que devant une menace de plainte pour harcèlement.

En guise d'épilogue, lors du tournoi d'après, tu auras la surprise de te voir interpeler par....un copain de Monsieur Immonde, qui te reprochera en vrac :
- d'avoir été dure avec lui (!)
- d'être assez naïve pour croire qu'une féminine peut participer à un tournoi "mixte" sans se faire importuner... "ça fait partie du jeu, d'ailleurs, on sait bien ce que les femmes comme vous viennent chercher ici...faut pas vous étonner !"
- d'être "coincée".

Ce n'est que depuis un an que Monsieur Immonde garde ses distances.

Depuis, j'ai su que Monsieur Immonde avait tenté de jouer sa ligne contre d'autres "femmes de sa vie", avec des fortunes diverses (notamment un claque retentissante !), et j'ai été récemment témoin du petit jeu de Monsieur Immonde avec une maman de joueur (dans ce cas, il joue une variante de sa ligne habituelle : il la félicite sur les résultats de son enfant). J'ai bien sûr aussitôt prévenu la dame en question. Il n'a pas eu le temps d'arriver en milieu de jeu....

Bon, alors comme je ne peux pas, sans risquer un procès en diffamation, citer le nom de Monsieur Immonde, je te dirai juste que, physiquement, il ressemble à un mélange de :















Ca fait envie, n'est-ce pas ?

Mais tu sais, même s'il avait été un mix de :

mon dégoût aurait été le même....












Pour finir, je l'invite fortement, la prochaine fois que nous respirerons l'air du même tournoi (et malheureusement, je sais que ça va se reproduire...) à suivre les conseils suivants :




(*) Serge Gainsbourg dans "Bonnie and Clyde"
Par Chouia - Publié dans : portrait de joueur (joueuse)
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Lundi 2 novembre 2009

Bon alors bien sûr que j'aurais pu l'écrire hier, cet article, à chaud, à peine remise de mes émotions, mais franchement, je te le dis tout net, cher lecteur, ça ne l'aurait pas fait !

Trop d'infos, trop d'émotions, trop de trucs à raconter, ça aurait pris des pages, et j'ai préféré me laisser un peu le temps d'atterrir pour trier tout ça et te raconter sereinement cette deuxième étape.

A l'issue de la première étape, je t'avais laissé dans un suspense quasi insoutenable la semaine dernière....2,5/5, et la perspective d'affronter à la sixième ronde, avec les blancs, mon ami Dong, engrangeant par la même occasion ma deuxième tranche FIDE.

Dong, je le connais bien. Si tu es un lecteur assidu, tu te rappelleras que j'avais déjà joué contre lui il y a seulement trois semaines, lors de la première ronde d'Essonne 1..., mais ce que tu ignores sans doute, c'est que nous avons été appariés à quasimment toutes les précédentes éditions du tournoi d'Evry !
En outre, nous étions coéquipiers de N6 lorsque j'étais au Grand Roque.
Bon, alors le malheur pour moi, c'est que, depuis que nous nous connaissons, je n'avais jamais gagné aucune partie contre lui, que ce soit en compétition ou en amical, quelle que soit la couleur, et quelle que soit la cadence, il m'a toujours régulièrement et imperturbablement battue !
De plus, il connaît ma ligne habituelle par coeur...
C'est pourquoi, vendredi soir, je suis arrivée à la table 7 bien décidée à renouveler ce qui m'avait réussi avec Quentin : tenter la Bird.
Seulement voilà, Dong n'est pas du genre à se laisser déstabiliser par une Bird, vu qu'au Grand Roque, il y a au moins deux grands spécialistes de cette ouverture : le célèbre Marc Perrin et le souriant Alain Crétois.
Alors ça n'a pas loupé : au 27ème coup, j'avais certes réussi à ouvrir la colonne F, mais pas à la contrôler....et j'étais en train de me prendre une attaque-de-la-mort-qui-tue (encore ? ben oui !) sur mon pauvre roi, quand mon adversaire, voulant mater rapidement, me mit en échecs un peu vite avec sa dame, m'offrant l'occasion d'une fourchette tour-dame avec mon pion g !!!! ce coup me permit de gagner non pas une tour (faut pas rêver non plus !), mais un pion, et surtout, surtout, le contrôle de la colonne f !
Bon, en jouant calmement, c'était gagnant, mais c'était aussi tellement tendu que, la fatigue aidant (je te dis pas les montées d'adrénaline !), la bourde fatale était tout aussi possible...c'est d'ailleurs ce qui m'était arrivé contre lui lors de la dernière édition : j'étais arrivée en finale avec un cavalier et un pion de plus, et j'avais trouvé moyen de jouer le seul coup qui perdait !
Alors, selon l'éternel principe "d'un tien vaut mieux que deux tu l'auras", j'ai proposé la nulle au 37ème coup à Dong qui l'accepta avec empressement. 3/6.


Tu connais le principe, cher lecteur : plus tu gagnes (ou plus tu fais nulle) contre des joueurs mieux classés, plus tu décroches l'insigne honneur d'affronter des joueurs encore mieux classés....et plus tu vas galérer...forcément !
Je n'ai pas échappé à la règle : samedi matin, je me suis donc retrouvée à la table 5 contre Vajieollah Mohammad Guassemi 1664 FIDE (encore ? ben oui !), qui a ouvert sur un classique 1.e4.  Là, je ne sais pas trop pourquoi, je n'ai pas osé la Kalashnikov, ni aucune de mes fantaisies habituelles avec les noirs....intimidée, peut-être ? pas d'erreur évidente, pourtant, mais j'ai tout de même joué en défense tout le temps, jusqu'à ce que mon adversaire sacrifie un fou et un pion pour mater en 5 coups !
Rien vu venir, moi ! 3/7.
Mon adversaire, quant à lui, terminera 5ème du tournoi, avec une perf à 1709. Bravo à lui ! 

A la pause de midi (enfin...de la mi-journée), j'ai retrouvé avec plaisir Corinne Bellaïche et sa fille Elise, toujours souriantes et de bonne humeur (ci-contre). J'ai aussi échangé avec la maman du jeune et prometteur Jules Moussard, que j'ai tentée de convaincre de se mettre elle aussi aux échecs (je crois y être presque arrivée !), Quentin, Nicolas, et Louis, plus préoccupés de leur PSP que d'analyser leurs parties, Damien et ses deux fils.

J'avoue ne pas avoir analysé non plus....un petit sentiment de saturation, peut-être ?

Au lieu de ça, j'ai pas mal échangé à propos d'un des sujets qui me tient à coeur : la condition qui est faite aux féminines dans notre milieu.
J'ai aussi appris de Corinne pas mal de choses sur les compétitions de jeunes, et les problèmes parfois rencontrés par les parents de joueurs (et joueuses, bien sûr !).
Très instructif. C'est toujours agréable de discuter avec des gens ouverts.

A la huitième ronde, je me suis retrouvée avec les blancs, à la table 8, contre Louis Mozzini (ci-contre), non classé, dont c'était le premier tournoi de partie longue !
Toujours difficile d'affronter un joueur non classé...
Comme nous ne nous connaissions pas du tout, je me suis dit qu'il fallait "assurer" en me remettant à jouer le pion-dame.
Oui, ben on dira ce qu'on voudra, mais je confirme que c'est toujours difficile d'affronter un joueur non classé...
Tout allait bien, jusqu'à ce que, au 24ème coup, au lieu de m'en tenir à ma ligne habituelle (monter la tour sur la colonne c pour aller chercher la 7ème traverse), je m'offre la fantaisie de céder au péché de gourmandise en allant cueillir  son pion a (empoisonné, comme de juste !) avec mon cavalier.
Je vais le payer très cher par la perte d'une qualité, puis une attaque à mort : tour, dame, cavalier dans mon camp, aucun contre-jeu !Abandon au 42ème coup.3/8. Bien fait pour moi !
Louis terminera ce premier tournoi à la 14ème place (juste derrière moi), avec 4/9, et une perf à 1426 : je dis bravo !

Et puis le dernier jour de ce long et difficile tournoi arriva. Après une bonne nuit de sommeil, j'étais bien décidée à tout faire pour gagner cette 9ème ronde, et je m'attendais vraiment à tout, sauf, justement, à ce qui est arrivé...
Déjà, je m'étais préparée à jouer avec les noirs....ça ne faisait tellement aucun doute pour moi que je me suis même installée devant les noirs à la table 8 (encore ? ben oui : en fait, j'ai squatté la table 8 pendant 5 rondes sur 9 !), et c'est Patrick Pigeat, 1420 (ci-dessous), mon adversaire, qui m'a fait remarquer que non, lui aussi, en était étonné, mais je jouerai bien cette ronde contre lui avec les blancs !
Patrick avait 30 points de moins que moi : il me fallait ce point !
Une fois n'est pas coutume, je me suis mise la pression toute seule...
Je m'attendais donc à jouer une partie longue et difficile, comme il est logique contre un joueur de même niveau et aussi motivé que soi...
Ben en fait, ça a été de loin la "partie longue" la plus courte de ma vie ! 
Je t'explique : tu sais que je joue vite, cher lecteur, et combien il est rare en partie longue de rencontrer des joueurs qui répondent a tempo... et bien là, j'ai joué contre le seul joueur de France et de Navarre qui joue plus vite que moi !
Je ne te mens pas : on a joué un blitz !
Je ne sais pas ce qui lui a pris, peut-être s'est-il laissé emporter par mon tempo...enfin bref...

Et moi, dans la précipitation, de me perdre dans ma notation à plusieurs reprises....
A chaque fois, il me tendait avec un grand sourire sa feuille de partie pour que je recopie les coups...puis il se levait pour aller kibbitzer rapidement les parties en cours de ses trois enfants....
Euh....je dois dire qu'à un moment, si je n'y avais pris garde, ça aurait viré au grand n'importe quoi, là...
Il a cependant joué précis jusqu'au 22ème coup, où il tenta un sacrifice de fou (soutenu par sa dame en batterie) contre les deux pions du roque, sacrifice qui se révéla vite faux , puisqu'après Fxh3, gxh et Dxh, Fg4 enferme la dame qu'il n'hésita cependant pas à échanger contre une tour.
Je m'attendais à un abandon, mais non, il continuera jusqu'au bout, au même rythme.
Mais pas moi : je tenais mon point, je ne le lâcherai pas : à partir de ce moment, je me suis tout de même un peu posée, là ! Mat au 39ème coup, 4/9.
Mon adversaire a terminé avec....1h32 à la pendule (pour ceux qui ne le savaient pas, nous jouions à une cadence à incrément : 1h30+30s/cp) !

Donc, je finis 13ème avec une perf à 1516, une deuxième tranche FIDE (perf provisoire 1454), de belles parties à analyser, un répertoire élargi, et l'envie de remettre ça, bien sûr ! 

Pour la grille américaine, c'est là http://www.evry-grandroque.com/ .

Et puis, il s'est passé plein d'autres trucs, qui feront l'objet d'un prochain article....

Et pour finir, quelques photos supplémentaires, histoire de te montrer un peu l'ambiance de ce tournoi.



















Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Mardi 27 octobre 2009

Cher lecteur, ce tournoi, je l'ai abordé dans la joie et la bonne humeur et sans pression aucune, tant je sais, l'expérience aidant, qu'il est à peu près inutile d'en espérer des résultats mirobolants, vu le niveau très élevé, et la fatigue qui s'accumule d'heures en heures, surtout cette année, où il s'agissait, pour la première étape, d'enchaîner 5 parties longues en 3 jours, de plus en commençant la première ronde à...19h00 !

Depuis 5 ans que je le fais, je n'ai jamais fait mieux que 2,5/7, c'est dire....

Mais là n'est pas la question, car comme je te le disais dans mon dernier article, il s'agit surtout ici d'apprendre et de s'imposer une discipline, dans une ambiance sympa, pas loin de chez moi, de retrouver les joueurs que j'aime bien, et d'affronter ceux que je ne connais pas encore.

Seulement voilà, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais, à ma grande surprise, pour ce premier épisode, j'ai eu non seulement le plaisir de "me retrouver en famille" avec les joueurs du 0-0-0 bien sûr (Marc, Alain, Marina, Stéphane, Dong, Nicolas....), mais aussi ceux d'autres clubs environnants (Ris-Orangis, Yerres), de mon ancien club (Alain, Guy, Kassim) et même de mon club actuel (Serge et son fils Quentin), mais aussi de finir la cinquième ronde avec...2,5/5, soit la moyenne, et une perf provisoire à...1575 !

C'est pourtant sans illusions aucunes que je me suis retrouvée appariée vendredi soir avec les noirs contre Alain Barthélémy (1630), que je connais bien, et qui, malheureusement, connaît aussi par coeur ma ligne favorite avec les blancs comme avec les noirs...

Alain, bien qu'ayant débarqué du Brésil (où il se rend régulièrement pour raisons professionnelles) quelques heures plus tôt, affichait ce soir-là une forme insolente, un calme olympien et un sourire inaltérable, et j'ai eu bien du mal à résister au rouleau compresseur qu'il développa contre mon jeu trop positionnel : pas moyen d'attaquer, rien à faire !
Il garda l'initiative tout au long de cette longue partie (longue pour moi...) qui dura plus de deux heures, et au bout de laquelle il empocha le premier point d'une série de trois...Bilan : 0/1.


Ci-dessus, Alain à la deuxième ronde. On reconnaîtra à sa gauche le toujours souriant Dong Le Manh, que je vais affronter vendredi soir prochain avec les blancs pour la 6ème ronde....du sport en perspective !

Le samedi matin, à ma grande surprise (ayant perdu à la première ronde, je m'attendais à affronter un adversaire moins bien classé qu'Alain...), j'ai joué avec les blancs contre Budimir Tomovic (1672 FIDE), que je croise aussi régulièrement, autant en individuel qu'en équipe, mais contre qui je n'avais encore jamais joué.

J'ai ouvert avec 1. d4, auquel il a répondu un peu offensif Cf6, mais là aussi, son expérience a eu raison de mon jeu trop lent et pas assez agressif.

Et c'est donc avec le bilan peu glorieux mais prévisible de 0/2 que j'ai abordé la pause de "midi", qui, vu que les parties matinales commencent à 11h00, a en fait débuté pour moi aux alentours de 14h00.


Ci-dessus, Budimir en pleine concentration. derrière lui, de face, le jeune Louis (1609 FIDE), mon adversaire de la ronde 5.

Cette pause a été l'occasion de bavarder et de jouer quelques parties amicales avec un papa du club de....Cluses, venu accompagner ses deux fils Selvan et Anand (très prometteurs), d'échanger avec la toujours souriante Corinne, qui accompagnait sa célèbre fille Elise, qui sévissait dans le tournoi B, puis de jouer quelques blitz endiablés avec Günther, du club de Ris-Orangis, venu encourager ses coéquipiers Budimir et Julian.

Elle fut aussi l'occasion de féliciter comme il se doit le célèbre Marc Perrin, tout à sa joie d'avoir battu Elise à la deuxième ronde, et de s'auto-attribuer dans la foulée le très envié titre de "Championne d'Europe Benjamine", titre qui, avouons-le, lui va comme un gant, et valait bien que j'immortalise l'instant pour les générations à venir (ci-contre)!

Puis mon adversaire de la ronde suivante arriva, en la personne de Lou-Anne (1300), entrée en troisième ronde pour cause d'obligations scolaires, et dont c'est le premier tournoi de parties longues.

Mais avant de nous affronter sur l'échiquier, nous avons pas mal bavardé, Lou-Anne, Elise et moi, sur un des sujets favoris des ados : les mangas.

C'est aussi ça que j'aime dans les tournois : parler d'autres choses que des échecs...alors c'est parti pour "One piece", "Hikaru no go", et autre "Hamtaro", qu'Elise ne connaissait pas, et dont Lou-Anne nous a fait écouter le générique, ce qui m'a illico ramenée quelques années en arrière, à l'époque où mes propres enfants étaient fans, et n'auraient raté aucun épisode sous quelque prétexte que ce soit !

Après cet épisode fort rafraîchissant, il a fallu revenir aux "choses sérieuses", et s'installer à la table 12, qui jouxtait pour notre plus grand malheur la table 11.....

Car, cher lecteur, à cette table 11 "jouait" (et tu comprendras vite pourquoi je mets ce verbe entre guillemets) un individu dont je tairai le nom (mais que tous les joueurs du tournoi C reconnaîtront),et qui n'a cessé de se comporter de manière insupportable : tout y est passé, du jeu avec les deux mains aux commentaires sur la partie, en passant par les soupirs et autres bruyantes expectorations, successions de coups repris ou illégaux, assassinat en règle de la pendule à grands coups du plat de la main, vissage de pièces, et j'en passe, mettant son adversaire littéralement hors de lui (et on peut le comprendre...), mais surtout, gênant considérablement les joueurs des tables voisines....

C'est dans cette ambiance peu propice à la concentration que j'ai joué sur 1.e4 ma sicilienne "chouia", fortement inspirée de la Sveshnikov , qui a eu l'avantage de faire perdre un temps à mon adversaire dès le 5ème coup, puis d'empêcher le roque. En fin de partie, j'avais 3 pions de plus, mais il y avait encore du jeu, quand ça s'est singulièrement corsé à la table voisine : n'y tenant plus après une Xième incartade de son adversaire, Vincent Leitienne, qui avait jusque là réussi à "gérer", finit par appeler l'arbitre pour demander une intervention afin de calmer l'énergumène qu'il avait en face de lui depuis plus de deux heures...résultat : un attroupement de kibbitz, des échanges à voix haute, bref, un bordel pas possible, et Lou-Anne, déstabilisée, qui me réponds quasimment "a tempo" Tb4 au 30ème coup, alors que j'avais...un mat en un !


Une Lou-Anne "trop dégoûtée" (ci-dessus), et je la comprends d'autant mieux que pour garder mon calme durant cette ronde, j'avais dû me lever à plusieurs reprises pour résister à l'envie de "taire sa tête" à mon voisin, à qui mes nombreux et discrets "chut", "taisez-vous", "un peu de calme s'il vous plaît" et autres "il y a d'autres parties en cours, là !" n'avaient fait ni chaud ni froid....

Donc, 1/3, mais pas dans la joie, lecteur, tu peux me croire....

le comble, dans cette histoire, c'est que le lendemain, c'est Vincent qui viendra "s'excuser de sa conduite de la veille", alors qu'il avait été une victime comme les autres (et même plus que les autres, en tant qu'adversaire...) de l'attitude de celui qui ne mérite pas le titre de "joueur"....

Par contre, de la part de l'autre, pas d'excuses, tu rêves ou quoi ?

Quand on est un mufle devant l'échiquier, on l'est partout....

Et à ceux qui ne se sont pas privés pour nous dire, à Lou-anne et à moi, qu'il "aurait fallu appeler l'arbitre", je réponds :

- au foot, l'arbitre n'attend pas qu'on l'appelle pour intervenir ;
- c'est à l'adversaire en priorité d'appeler l'arbitre ;
- c'est toujours celui (ou celle) qui appelle l'arbitre qui passe pour un emmerdeur ;
- j'ai bêtement toujours eu l'espoir que le monsieur finirait par comprendre qu'il se comportait mal (mais ça, c'est mon côté optimiste....).

Bref....

Cette troisième ronde fut aussi l'occasion de kibbitzer une très belle partie de Julian Gonzalez, un joueur sympa de Ris-Orangis, qui jouait un gambit roi dans le tournoi B, et géra une finale de tour (mon pire cauchemar !) avec beaucoup de maîtrise (ci-dessus, Julian à droite. Debout au fond, Günther).

Dimanche matin, j'ai repris le chemin du gymnase Piat avec l'idée que j'allais perdre ma 4ème ronde, vu qu'ayant pris la peine de consulter les appariemments sur le site du 0-0-0, je savais déjà que j'allais affronter avec les blancs un joueur de mon club avec qui j'ai déjà joué de multiples fois, et qui connaît bien ma ligne habituelle, en la personne du jeune et très sympathique Quentin Marchal 1660 (ci-contre).

Comme je n'avais rien à perdre, j'ai tenté pour la première fois en tournoi une ouverture que je travaille depuis plus d'un an : la Bird.

Après avoir perdu le pion a à la suite d'un échange hasardeux qui laissait à mon adversaire deux pions doublés et passés sur la colonne a, et une attaque "de la mort qui tue" avec tour, cavalier et dame sur mon roi nu, je trouve du contre-jeu en exploitant mon seul avantage, le fait que le roi soit encore au centre, en récupérant le pion a4 avec ma tour au 32ème coup, puis en prenant le pion c6 sur échec avec ma dame au 33ème coup, et, après une série d'échecs, le pion d6, réussissant du même coup à lier dame et tour sur la colonne d, et à faire sérieusement barrage à son attaque.
Déstabilisé par cette contre-attaque, Quentin, après avoir récupéré un pion sur échec au 38ème coup, et tout à son attaque, laissera sa dame en prise et abandonnera au 40ème coup une partie pleine de rebondissements de part et d'autre. un 2/4 inespéré.

Et revoilà la pause "de midi"....là encore, agréable discussion avec Corinne, analyse de ma partie précédente avec Guy, puis, à l'affichage des appariements, il fallut me rendre à l'évidence : il allait falloir m'accrocher en affrontant avec les noirs le jeune et très expérimenté Louis Guo (1609 FIDE, ci-contre), du club de Créteil, renommé pour son "écurie" de jeunes prodiges. Ben oui, pour être classé FIDE à son âge....

Et hop, encore 1.e4, et hop, encore ma sicilienne "chouia" (qu'est-ce que j'ai à perdre ?)....ben y a pas à dire, jouer "off book", ça marche pas mal....en fait, mon début de partie a été exactement celui de ma partie contre Lou-Anne, avec (presque) le même résultat : une forte interrogation de mon adversaire, parti pour jouer une Dragon, et tout décontenancé par mon 4. e5, qui lui demanda tout de même 20mn de réflexion.

Comme souvent quand je joue cette ligne, la partie s'articula autour de mon pion arriéré en d6, que mon adversaire ne réussit pas à faire sauter. Jeu égal de part et d'autre, lui réfléchissant beaucoup, moi assez peu (comme d'hab...faut pas oublier que je suis une joueuse de rapide !), nous voilà au bout de plus de deux heures de jeu avec une position morte et lui.....3mn30 restant à la pendule !

au 33ème coup, je lui propose une nulle qu'il accepte : une excellente affaire pour moi qui n'en demandait pas tant !

Je finis donc cette première étape du tournoi avec 2,5/5, et deux parties contre des joueurs FIDE, ce qui m'ouvre la possibilité de faire ma deuxième tranche FIDE (ma première tranche ayant été réalisée la saison dernière, justement à Evry).

Ben dis donc !

Mais ce n'est pas fini !

Ci-contre : analyse entre grozelos du tournoi A, sous le regard dubitatif du célèbre Marc Perrin. A gauche, on reconnaît Alberto David (Grand Maître), ben oui, y a pas que des mazettes au Grand Prix d'Evry !


En lecteur attentif au détails, tu auras sûrement remarqué le dallage en forme d'échiquier....

Cher lecteur, je te donne donc rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de mes aventures au Grand Prix d'Evry, où je rencontrerai mon ami Dong à la 6ème ronde avec les blancs. Dong qui, toujours généreux, m'a abondamment fournie en fruits secs et autres pains au chocolat au cours de ces trois premiers jours riches en émotion, mais dont je connais trop bien le jeu si sûr et plein d'expérience pour espérer m'en tirer facilement.

Dong qui a remporté le prix vétéran de ce tournoi la saison dernière...

Ca promet !

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Lundi 19 octobre 2009

J'aime l'automne, cher lecteur.
 
L'automne....ses feuilles qui roussissent, son vent qui décoiffe, sa température qui se rapproche dangereusement de zéro au petit matin (et le givre qui va avec), ses jours qui raccourcissent, le changement d'heures qui se profile à l'horizon du prochain week-end, le retour des petites soupes proposées en entrée du menu du restaurant administratif (eux, oui, je bosse pour l'Etat...), la goutte au nez des collègues, les campagnes de vaccination contre la grippe (la saisonnière et la nouvelle, là, tu sais bien), les écharpes et les gants qu'on ressort des tiroirs (ou des cartons, si on est du genre organisé)...et puis (déjà!), les vacances de la Toussaint ("ils viennent à peine de rentrer qu'ils sont déjà en congés ?", ben oui !), et....les tournois qui vont avec !

Majoritairement des tournois de parties longues, vacances scolaires obligent...

Personnellement, je n'ai jamais bien compris la relation, d'ailleurs, vu que, majoritairement, n'étant ni élèves, ni profs (bien qu'il y ait pas mal de profs chez les joueurs d'échecs), les joueurs doivent souvent poser des congés pour jouer ces tournois....ce qui enlève tout intérêt au fait qu'ils se situent justement pendant des vacances scolaires....

Heureusement, certains organisateurs sont sensibles à ce genre d'argument, et font leur possible pour organiser des tournois de parties longues pouvant être joués sans poser de congés...

C'est pas toujours très simple, mais en se torturant un peu les méninges, ça colle, et une fois encore, le Grand Roque d'Evry a trouvé la bonne formule : répartir les rondes de leur Grand Prix sur deux week-ends consécutifs http://www.evry-grandroque.com/.

Alors bien sûr, ça fait deux week-ends très chargés, mais comment aurait-il pu en être autrement, surtout que cette année, il y a 9 rondes au lieu de 7 ?

Ca tombe bien, je préfère les tournois de 9 rondes....

En plus, cette année, ils innovent en répartissant les joueurs dans trois tournois différents : A (>2100), B (1700 à 2100) et C (<1700), et ça, ça fait carrément mon affaire, vu que le niveau de ce tournoi était tellement élevé que les mazettes de mon genre avaient bien du mal à "survivre", et que les abandons étaient d'ailleurs assez nombreux les années précédentes...

15 euros pour 9 rondes (bon d'accord, pour les joueurs non-essonniens, c'est 30 euros, mais même, quand on compare aux frais d'inscriptions de certains tournois, ça reste raisonnable)....

Toujours au gymnase Piat, à deux pas de chez moi...

Avec la certitude de retrouver certains de mes joueurs préférés...

Ma parole, on pourrait croire qu'il a été créé tout spécialement pour moi, ce Grand Prix !

Bon, alors, évidemment que je vais le faire....

Je t'ai déjà dit que j'aimais l'automne ?

Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Samedi 10 octobre 2009
Au tournoi de Gif-sur-Yvette, il y avait certes des VIP (Shirazi, Kouatly, Seret, David, Abergel, et bien d'autres...), mais il y avait aussi, et heureusement, des tas de joueurs "de base".
Tu sais bien, cher lecteur, ceux dont on ne parle jamais, mais qui, grâce à leur cotisation, leur motivation, parfois leur investissement bénévole dans la vie des clubs, des comités, et des ligues, font que, quoiqu'ait pu en dire Marie Drucker au JT de France 2 à propos du récent affrontement Karpov-Kasparov ("les échecs, ce jeu démodé"), notre jeu reste encore vivant dans notre pays.

Parmi ces joueurs, j'ai retrouvé avec plaisir Zhigang Li, du club de Yerres, que je croise régulièrement dans les tournois de la région, et avec qui j'ai fait mon stage d'arbitrage. Zhigang est bien sûr joueur d'échecs (et papa de jeunes joueurs très prometteurs), mais il est aussi joueur de go.

Or, il se trouve qu'à une époque, j'ai moi aussi été une joueuse de go passionnée (au point d'avoir, pendant un temps, laissé de côté les échecs !), et c'est donc avec plaisir que j'ai échangé à ce sujet avec l'un des rares joueurs d'échecs de ma connaissance qui pratique ce jeu.

Rares, en effet, car si nombre de joueurs d'échecs se tournent actuellement  vers le poker (et ceci au plus haut niveau, au point parfois de mieux gagner leur vie au poker qu'aux échecs), et si quelques-uns parmi les plus jeunes sont plus attirés par les jeux vidéos en ligne, ou même certains jeux de rôle, j'ai rencontré très peu de joueurs ayant entendu parler du jeu de go, et encore moins l'ayant pratiqué.

Il y a quatre ans, du temps où j'intervenais sur le forum de France Echecs (c'est à dire avant que certains VIP ne demandent et n'obtiennent ma tête...), j'avais échangé à ce propos avec Francis Tugayé, alias MontFuji, joueur d'échecs, de go, et auteur de ces petites merveilles de poésie que sont les haïkus (dont un qu'il m'avait d'ailleurs dédié *).

Mais à part ça, le désert....

Et pourtant ! S'ils savaient, les joueurs d'échecs, ce que le jeu de go pourraient leur apporter, notamment sur le plan de la vision stratégique, je pense qu'ils s'y pencheraient de plus près !

J'ai découvert ce jeu au début des années 80. Abonnée à l'excellente revue "Jeux et stratégie" (aujourd'hui disparue), je m'y suis rapidement intéressée et n'ai pas eu de difficulté à trouver un adversaire en la personne de mon mari, qui avait, lui, appris et pratiqué ce jeu en famille. Un, deux, trois goban (dont un de voyage) ont ainsi rapidement rejoint, puis remplacé dans notre salon l'échiquier qui s'y trouvait.

Puis, avec plusieurs collègues de travail, nous avons fondé un club au sein de notre entreprise, dont le CE, compréhensif, nous a très rapidement accordé, tous les jeudis midi, l'usage d'une salle de réunion, ainsi que des crédits pour l'achat de jeux (dont un mural), pendules, et même cours dispensés par un joueur titré.

Le bonheur !

Ca a duré comme ça 3 ans, jusqu'à ce que je rejoigne une autre boîte qui, elle, n'avait pas du tout la culture du go...

Alors, ne trouvant pas de club à proximité, et prise par d'autres activités, j'ai progressivement laissé le jeu de go de côté.

Mais revenons à ce qui nous occupe ici, à savoir les différences et similitudes entre échecs et go, en commençant par les points communs à ces deux jeux millénaires (et paf, en voilà déjà un : l'ancienneté !) :

- jeu de plateau (échiquier et goban)
- deux adversaires
- l'un a les blancs, l'autre les noirs (mais au go, les noirs ont le trait)
- en compétition, le temps est mesuré par le même type de pendule, et il existe plusieurs types de cadences.
- récemment, la FFG a adopté le classement Elo.
- en compétitions les parties sont notées sur des feuilles de parties.
- il existe des joueurs professionnels (et dans certains pays, comme la Chine ou le Japon, on ne peut devenir pro qu'après avoir passé un examen).

Mais les différences sont bien plus nombreuses que les ressemblances :

Aux échecs :                                                                                     au go :
- les pièces n'ont pas la même valeur                                       - toutes les pierres ont la même valeur
- le placement des pièces au début du jeu est immuable    - le goban est vide, au joueur de construire son jeu
- les pièces se déplacent                                                             - une fois jouées, les pierres ne bougent plus
- on joue sur des cases                                                                - on joue sur des intersections
- il n'existe pas de handicap codifié                                            - les handicaps permettent de jouer à son niveau
- le but est "la mort du roi"                                                             - le but est le contrôle du plus grand territoire
- la partie s'arrête selon des règles codifiées                          - la partie s'arrête d'un commun accord
- pas de notion de "courtoisie"                                                     - la "courtoisie' est partie intégrante du jeu
- les logiciels "jouent" à haut niveau                                           - les logiciels ont un niveau très faible
- plus la partie avance, moins il y a de pièces                          - plus la partie avance, plus il y a de pierres

On pourrait donc croire que le jeu de go est très éloigné du jeu d'échecs, et pourtant :

- si les pierres ne "bougent" pas (sauf pour disparaître lors d'une prise), le go est cependant un jeu de mouvement : les différentes chaînes de pierres créées, les portions de territoire gagnées puis reprises avant que les frontières ne soient stabilisées, font que le mouvement (parfois comparable à celui de deux cellules en phase de phagocytose) est sans cesse présent et rend ce jeu visuellement très "vivant", presque "organique".
D'ailleurs, le parallèle entre vie et go est très prégnant dans le vocabulaire du jeu :
D'origine chinoise, le jeu de go, avant de s'implanter au Japon sous ce nom, s'est appelé Wei Qi, le "souffle défensif", notion que l'on retrouve dans la médecine traditionnelle chinoise comme dans le Taï Chi, et qui est souvent opposée au Yang Qi, ou "souffle dynamique".
D'où, parfois, une référence à l'opposition Yin-Yang, dont le symbole évoque irrésistiblement le type de position que l'on peut retrouver sur un goban en cours de jeu.
Pour capturer un territoire, il faut lui ôter toutes ses "libertés", et, réciproquement, pour qu'un territoire "vive" (et donc, ne soit plus prenable), il faut qu'il possède deux yeux.
Quand je te dis que la référence à la vie est constante...
Donc, on trouve bien au go un mouvement, paradoxalement produit par l'interaction de pierres fixes.

- le jeu de go demande l'acquisition de notions tactiques indispensables : les "combats de rue" (Semeai) qui se jouent aux frontières des territoires demandent une grande précision tactique, comme aux échecs. Mêmes notions de contre-jeu (Te-nuki), d'initiative (Sente), de pièges (Hamete), de sacrifice (Utte-Gaeshi) et bien sûr, de figures tactiques répertoriées : nous avons nos clouages, enfilades, fourchettes, etc....les joueurs de go ont le Shicho, le Geta, le Shibori...

- mêmes phases de jeu : ouverture, milieu de jeu, finale (Fuseki, Chuban, Yose).

- des qualités stratégiques indéniables : le plan est indispensable au go, et c'est parce que la stratégie y est plus importante que la tactique que les logiciels peinent justement à jouer à un niveau correct. La part du calcul y est moins grande qu'aux échecs, et l'équilibre entre combat et simple occupation des territoires fait toute la différence avec les échecs.
Comme je l'ai dit plus haut, il ne s'agit pas de "tuer" l'adversaire (et l'on sait bien l'importance aux échecs de la position du roi, qui nous donne tout de même une piste pour orienter notre jeu), mais bien de construire : le jeu de go est une campagne de colonisation d'un territoire vierge, et les phases de combat aux frontières ne sont qu'accessoires face aux choix des points d'appuis et à la nécessité de créer des territoires "vivants". On peut certes gagner des territoires en "tuant" ceux de l'autre, mais si on ne fait que "tuer", on ne "vivra" pas forcément de manière satisfaisante.
C'est un peu comme si, aux échecs, le fait de mettre le roi mat ne suffisait pas, qu'il faille en plus que le bilan matériel soit forcément supérieur à celui de l'adversaire...

On imagine alors aisément ce que ce jeu peut apporter au joueur déchecs en matière de vision globale et à long terme.

Et puis, ce que Zhigang et moi aimons dans ce jeu, outre ses indéniables qualités stratégiques et tactiques, ce sont les notions, totalement inconnues aux échecs, de courtoisie et de handicap.

La courtoisie s'exprime, par exemple, tout au long du jeu en n'insistant pas indéfiniment pendant les combats aux frontières : on ne va pas jouer des pierres qui ne sont pas indispensables à la stabilisation de la frontière. les deux adversaires "savent" que c'est résolu, ils vont s'intéresser tout de suite à d'autres zones, sans chercher à faire tomber au temps leur adversaire en bétonnant une zone.
Ceux d'entre nous qui ont déjà perdu au temps face à des adversaires "jouant la montre" en jouant des coups inutiles comprendront immédiatement ce que je veux dire....

Le handicap, lui, est très codifié : il consiste à attribuer à un adversaire en théorie plus faible soit des points, soit des pierres supplémentaires, afin que la partie soit équilibrée.
Un peu comme si un joueur à 500 points de plus rendait d'entrée un cavalier....
Cela permet à chacun de jouer à son niveau, et oblige les forts joueurs à respecter les faibles, et donc à se battre, quoi qu'il arrive.

Un état d'esprit bien différent de celui des échecs...

Pour avoir une idée de ce qu'est un tournoi de go (et tu verras tout de suite les points communs avec un tournoi d'échecs !) une partie de go, un titré de go, je t'invite à suivre ce lien, lecteur, avec un excellent portrait de Fan Hui, joueur de go professionnel http://ffg.jeudego.org/video/movie?movie_id=fredonz/2008-08-05 .

Bon voyage au pays du go !

(*) "Lendemain de fièvre.
       Les fleurs de jasmin effleurent
       tes yeux et tes lèvres."
       Francis Tugayé
Par Chouia - Publié dans : rêvons un peu...
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Dimanche 4 octobre 2009
Bon, alors je sais, cher lecteur : je t'avais dit que cette saison, je me limiterai au capitanat de critérium cavalier, équipe dont je serai aussi joueur titulaire....

Alors, je te vois déjà réagir : depuis quand elle joue en Essonne 1, Chouia ???

Et bien voilà : tout a commencé la semaine dernière, avec les traditionnels "travaux d'approche" de tout capitaine digne de ce nom pour constituer une équipe qui tienne la route. Tu sais bien : tenter de contacter les joueurs par mail, puis par téléphone, etc...
Mon équipe, à la base, c'est Michel, Patrick, et moi, donc, déjà, il me fallait un quatrième...
Et puis Patrick ne pouvait pas jouer toutes les rondes (pour raisons professionnelles : il bosse certains dimanches, le pauvre !).
Alors, j'avais contacté Maurice Bourdin, dont c'est la première saison (l'année dernière, il n'avait qu'une licence B), qui est très motivé à jouer, et qui en plus cadre parfaitement avec la fameuse "fourchette des Elos" imposée en critérium.
Et que m'apprend Maurice ? il est partant pour l'équipe (super !), mais voilà, il a aussi repris le capitanat d'Essonne 1 (saluons ici son courage !), même que la première ronde, c'est dans quelques jours, et qu'il lui manque un quatrième, et que justement, si je pouvais jouer, hein....ça le dépannerait bien...

Pour tout te dire, ça ne me disait pas grand'chose à première vue, mais voilà, quand j'ai su que cette ronde allait se passer à Evry contre l'équipe d'Essonne 1 du 0-0-0, ça m'a tout de suite tenté !

- parce que c'est à 10mn à pieds de chez moi,
- parce que je connais bien les joueurs de cette équipe,
- parce qu'après tout, commencer la saison un mois plus tôt que prévu dans ce genre de conditions, c'est pas si mal...

Donc, tout-à-l'heure, je me suis retrouvée devant les locaux de mon ancien club, place Victor Hugo à Evry, non sans une certaine émotion, vu que j'y ai connu des moments vraiment super il y a (déjà!) trois ans.

Nicolas Zhao (0-0-0) était déjà là, puis Laurent Méric et son fils Axel nous ont rejoints. A peine le temps d'échanger les dernières nouvelles, qu'Alain Fray (qui était mon capitaine il y a trois ans) nous ouvrait la porte.

Drôle d'impression que de se retrouver là en terrain familier, mais en tant qu'adversaire...

Et ça a continué avec l'arrivée de Dong Le Manh (0-0-0), que je connais aussi de longue date, puis de Maurice....

Installation en commun des jeux (en bois, s'il vous plaît !), des pendules (électroniques, s'il vous plaît !), et c'est bien facilement que j'ai retrouvé le chemin du bureau pour aller chercher les feuilles de parties, toujours rangées à la même place (dans la deuxième placard à gauche), pendant qu'Alain appelait son quatrième joueur, Yves Roblette (avec qui j'ai joué d'innombrables fois, en amical comme en compétition...), qui tardait à arriver....

Et pour cause ! Le règlement ayant changé (désormais, pour une raison qui échappe à tout le monde, sauf à son auteur, et même, c'est pas sûr, les rencontres d'Essonne 1 doivent commencer à 14h15...), Yves n'avait pas percuté qu'il fallait arriver plus tôt, il a donc dû quitter précipitament la table dominicale pour nous rejoindre (même qu'il s'est plaint à plusieurs reprises d'avoir un peu faim...).

Entre temps, Alain avait préparé le café, chacun s'était installé, et j'avais commencé une agréable conversation avec Dong, mon adversaire (troisième échiquier), que je n'avais pas vu depuis le tournoi de partie longue de la Toussaint 2008 (où il avait brillament remporté le prix Vétéran, bien qu'étant rentré en deuxième ronde)....

C'est dire qu'on avait des tas de choses à se dire !

Mais l'heure tournait, et Alain a fini par lancer la ronde en disant non sans humour : "bon, euh...je vous rappelle qu'on a une ronde à jouer...".

Ci-dessous , à gauche, Axel et moi-même. A droite, en partant du fond, Nicolas, Dong, Yves.

Notre équipe ne se faisait guère d'illusions quant à l'issue de cette rencontre : nous nous présentions contre des joueurs aguerris ayant en moyenne 200 points de plus que nous. Sur le papier, c'était 4-0, mais nous verrons par la suite que tout ne se passe pas toujours comme prévu...

Au deuxième échiquier, avec les blancs contre Nicolas, Maurice, qui jouait la première partie longue de sa vie, et n'avait appris que récemment à noter les coups (en allant chercher les infos sur le web...si j'avais su, je l'aurais tuyauté...), a été le premier à terminer une partie des quatre cavaliers en...laissant sa dame en prise !
On ne dira jamais assez combien le jeu en compétition est différent du jeu en loisirs, surtout du point de vue psychologique : c'est le métier qui rentre !

les deux adversaires ont donc rejoint la salle d'analyse pour analyser, bien sûr, mais aussi pour blitzer ensuite dans la joie et la bonne humeur en attendant leurs coéquipiers.

Au troisième échiquier, avec les noirs, contre Dong, dont je redoute le jeu sûr et plein d'expérience, je suis partie dans une sicilienne un peu risquée : un jeu offensif avec les pions, mais laissant une fragilité à l'arrière dont mon adversaire a su profiter, d'abord en gagnant le pion e (arriéré) au 11ème coup, ce qui m'a obligée à jouer en défense (et je déteste ça !), puis en trouvant une combinaison matante à partir du 23ème coup...mat en 28 coups !

Pendant ce temps, Axel, au quatrième échiquier avec les blancs, affrontait courageusement la sicilienne d'Yves...au moment où je rejoignais la salle d'analyse, il avait deux pions de moins...c'était bien mal engagé pour lui, mais, preuve qu'il ne faut jamais se décourager, il a trouvé le moyen de forcer un pat, apportant à notre équipe un demi-point inespéré !

Pendant ce temps, dans la salle d'analyse, Nicolas faisait tranquillement son devoir d'histoire (sur la première guerre mondiale), alors que Maurice et moi nous étions lancés dans une série de blitz endiablés.

Au premier échiquier, ça bataillait dur entre Laurent (à gauche sur la photo) et Alain (à droite), dans le milieu de jeu d'une sicilienne (encore ? ben oui !) variante Dragon, dont on sait combien elle est pointue....à 18h00, chacun des deux adversaires avaient 5 pions et deux tours, et Alain proposait la nulle à Laurent qui se sentait de taille à la refuser....bien lui en prit, puisqu'après un échange de tours, il réussit à gagner le pion de la victoire sur un clouage à l'aile roi ! La partie se termina à 19h30 par un mat.

Résultat des courses : Evry 2,5 - Arpajon 1,5.

Une rencontre dans d'excellentes conditions de jeu, avec des adversaires accueillants, que demander de plus ?


Et là-dessus, Laurent qui me demande si, par hasard, il n'y aurait pas une petite place pour lui et son fils dans mon équipe : ben si, bien sûr !

Elle est pas bien partie, cette saison ?

Un grand merci à Alain pour les photos qui illustrent cet article.

Par Chouia - Publié dans : compétitions par équipe
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Vendredi 2 octobre 2009

Cher lecteur, quand j'ai décidé de créer ce blog, il y a un peu plus de deux ans, j'ai pas mal hésité entre "une dame et les échecs", "une dame au pays des rois", "une dame au pays des fous" avant de me décider pour  "chouia au pays des échecs", d'abord à cause de "chouia" (plus personnel qu'"une dame"), ensuite parce que le "pays des échecs" me fait régulièrement et irrésistiblement penser au "pays des merveilles" traversé par la petite Alice : un monde à part, avec ses propres règles, ses personnages à l'Ouest, sa logique propre, son petit roi et sa dame si puissante (Ah ! la reine de coeur....).

Tout comme moi (et la plupart des joueurs qui débutent en compétition, et cela est encore plus vrai pour les joueuses) lorsque j'ai débarqué au pays des échecs, Alice n'est jamais à sa place au pays des merveilles : poussée par la curiosité, pleine d'innocence et de bonne volonté, elle n'est pas à priori la bienvenue, on lui reproche de ne pas respecter des règles non écrites, on la rembarre quand elle demande une explication, son chemin est semé d'embûches et de rencontres improbables qui finissent souvent mal....

Mais si Alice a fini par quitter le pays des merveilles avec soulagement, je n'ai pas renoncé, moi, contrairement à pas mal de joueuses de mes amies, à m'intégrer dans ce milieu.

Bien sûr, comme toute "féminine", je continue à être considérée comme une "bête curieuse", mais enfin désormais, quand j'arrive en tournoi ou en rencontres par équipes :
- les sourires et les saluts amicaux deviennent plus nombreux que les réactions agressives, les remarques sexistes ou méprisantes, ou les regards condescendants.
- on me pose désormais plus de questions sur mon club, mes tournois, mes résultats, mon jeu, que sur mon statut marital.
- on ne me prends plus pour "la dame de la buvette", l'épouse du président, ou la maman d'un des petits joueurs.
- on me propose volontiers d'analyser ou de blitzer "en amical" entre les rondes.
- on ne me demande plus "ce que je viens chercher ici", si "je suis accompagnée ou non, et si oui, par qui"....
- par contre, on me demande pourquoi je n'ai pas fait tel et tel tournoi, et lesquels je prévois cette saison, et dans quelle équipe je joue.
- et, de plus en plus, mes adversaires "bétonnent" (signe de respect)....

Au bout de 5 ans, il était temps !

5 ans tout de même pour être "presque" traitée à égalité avec mes confrères masculins....

En 5 ans, d'autres "dames" ont eu, elles, et malheureusement, le temps de se décourager, et ont fini par renoncer.

 

Deux pistes dans ce cas : tout envoyer au diable (ne plus reprendre sa licence, laisser carrément tomber la compétition), ou....renoncer aux tournois "mixtes" et se réfugier dans le ghetto des compétitions réservées aux femmes.

 

Dans les deux cas, les échecs comme les joueuses sont perdants : dans le premier, notre petit monde perd des joueuses, dans le deuxième, il garde artificiellement des joueuses, mais en les mettant "à part", ce qui revient à les exclure du "vrai" monde des échecs, donc à renoncer, de facto, à ce que les joueuses soient plus nombreuses à jouer dans les "vraies" compétitions (les "mixtes").

Et le cercle vicieux commence : lorsqu'une joueuse débutante arrive en compétition "mixte", elle peut se retrouver très seule parmi des joueurs qui ne la louperont pas, prendre peur, être découragée, et décider qu'on ne l'y reprendra plus...si par chance il y a d'autres joueuses, elle risque de se trouver en compétition avec celles qui sont là pour rafler le "prix féminin", et ajoutera donc aux "vraix enjeux" cette compétition supplémentaire et totalement artificielle entre les rares filles présentes....

Si elle choisit de se réfugier dans les compétitions "entre filles", elle sera certes soulagée de ne pas être confrontée au machisme de certains joueurs, contente de multiplier les occasions de remporter des prix dans une ambiance non agressive, mais aura d'autant plus de mal à s'extraire de ce cocon-piège pour jouer "dans la cour des grands".

Elle aura renoncé à l'idée qu'une joueuse a le même potentiel, la même combativité, le même goût du jeu et la même volonté de progresser que ses confrères masculins.

Elle aura renoncé au principe d'égalité et au respect.

Elle se sera d'emblée posée en "inférieure".

Dommage pour elle, dommage pour les échecs, dommage pour les rares joueuses qui, elles, n'ont pas renoncé (et voudraient bien être plus nombreuses à être dans ce cas !), dommage enfin pour les joueurs qui, au fond, dans leur majorité, préfèreraient tout de même avoir plus de femmes dans les tournois mixtes (oui, je sais, ça peut paraître paradoxal : ils n'aiment pas trop affronter des femmes, et encore moins perdre contre elles, ça leur donne une pression supplémentaire, mais au fond, ils aiment bien, pour la plupart, avoir "une présence féminine").

C'est toute la problématique de la présence des femmes dans notre milieu :
- on veut bien d'elles, mais on les incite à rester entre elles (compétitions féminines).
- si elles font un tournoi mixte, on les oppose artificiellement entre elles en instaurant les "prix féminins" (qui peuvent être remportés sans qu'elles se rencontrent).
- les joueurs sont ravis d'avoir des joueuses en compétitions mixtes s'il s'agit de bavarder à la buvette, nettement moins (dans leur majorité) quand il s'agit de les affronter en qualité d'adversaire.

Et comme les instances fédérales et les postes "de pouvoir" ou d'influence sont, dans leur écrasante majorité, occupés par des hommes, la plupart d'un certain âge (voire, d'un âge certain ! Bon, d'accord, il y a aussi des machos jeunes, mais bon, culturellement, le macho, sous nos latitudes, se recrute tout de même plus chez les seniors...) , majoritairement plus préoccupés par leur propre carrière, ou le haut niveau (par définition masculin, c'est bien connu....), ou la médiatisation des échecs, que par les grands principes d'égalité homme-femme, pas question que ça change...

Si on ajoute à ça certaines femmes qui trouvent leur propre intérêt à ce que le système perdure (par exemple, que deviendrait Jocelyne Wolfangel,  la "Directrice Nationale des féminines", s'il n'y avait plus de "secteur des féminines" à la FFE ? plus de compétitions "féminines" ? de même pour toutes celles qui se sont fait élire sur les strapontins réservés aux femmes dans les ligues et les comités)......on se dit que les joueuses ne sont pas près de devenir des "joueurs comme les autres" !

Sur ce sujet, il existe toute une palette d'avis :

A une extrêmité, le genre Bachar Kouatly GMI  (*), qui, dans le plus pur style "macho à l'ancienne" considère, dans son éditorial du n° "spécial femmes" d'Europe Echecs (à quand un n° "spécial hommes" ????), du printemps dernier, intitulé "Parfum de femmes" (plus gnangnan, tu meurs....) que les femmes apportent beaucoup aux échecs d'abord parce qu'en tant qu'épouses de joueurs, elles leur apportent la sérénité et l'équilibre nécessaire à une brillante carrière : "Nous avons remarqué, peut-être est-ce dans l'air du temps, que les épouses des deux derniers champions du monde occupent une place importante dans les médias échiquéens...ces deux grands champions sont des modèles d'équilibre. Aruna et Marie-laure y contribuent chacune à leur manière, grâce à leur personnalité forte et attachante".
On croit rêver, là !
Mais heureusement, cher lecteur, nous sommes rassurés quand Bachar nous dit que les échecs ont gagné en popularité et médiatisation depuis que les femmes jouent, avec l'arrivée de la vidéo et de la photo.... la raison ? de belles joueuses, ça donne envie, forcément....
Dans le monde des échecs selon Saint Bachar, les femmes ont le choix  : jolies potiches au service de la médiatisation ou épouses aimantes et entièrement dévouées à la carrière de leur champion de mari...
C'est pas mignon tout ça ?

Non merci, monsieur Kouatly, mais mes rares petites camarades et moi, on en a soupé des stéréotypes, ça fait environ 10.000 ans qu'on en bouffe, de ce genre de plaisanterie !

A la lecture de ce genre d'inanité, on est tout de même en droit de se demander où il était, ce monsieur, dans les quarante dernières années ? en coma dépassé ? trop occupé à se regarder le nombril pour voir que le monde avait changé ?

Mais je m'énerve, là....

Mieux vaut donc continuer à parcourir ma palette, avec, au milieu, Kamran Shirazi MI (**), avec qui j'ai bavardé à Gif dimanche dernier, justement au sujet des prix féminins :
Devant la grille américaine de la 9ème ronde, Siegfried m'avait demandé si, par hasard, je n'aurais pas un des deux prix féminins. J'étais en train de lui dire que non (ils avaient été remportés par les deux joueuses pros du tournoi), et que de toutes façons, si ça avait été le cas, j'aurais refusé, parce que ça ne correspondait à rien.
Kamran est alors intervenu pour me demander pourquoi : je lui ai donc exposé mes raisons. Il a alors souri (c'est à dire qu'il a plissé ses yeux en amande et légèrement relevé la commissure gauche de ses lèvres...), et m'a dit, avec son inimitable accent iranien : "c'est vrai, le prix féminin n'est pas un prix d'échecs, c'est juste une récompense pour les joueuses, pour avoir fait l'effort d'être venues, pour dire qu'on est contents qu'elles soient là, un peu comme la plus jolie, ou celle qui est bien habillée. Mais vous pouvez bien l'accepter quand même, parce qu'il faut être courageuse pour jouer contre nous. Moi, à votre place, je penserais que c'est mérité. Il faut en profiter.".
C'est l'attitude pragmatique de la plupart des joueurs et joueuses : on sait bien que ça ne correspond à rien, mais on empoche le prix, c'est toujours ça de gagné....

Personnellement, je ne trouve pas ça satisfaisant : mes prix, je veux les mériter sur l'échiquier, comme mes confrères.

Et puis, à l'autre bout de la palette, il y a Judith Polgar, qui a toujours refusé le grand carnaval des compétitions féminines et des prix féminins, qui se considère comme un joueur comme les autres, et qui mérite tous nos suffrages pour son courage et sa ténacité.

Judith que les journalistes continuent à interroger sur le thème rebattu de "est-ce que les femmes sont faites pour jouer aux échecs ?", "est-ce qu'elles ne raisonnent pas au fond différemment ?", Judith que certains joueurs croient "dotée d'un cerveau masculin", comme tu le verras dans les deux vidéos qui suivent, lecteur, et que je propose à ta sagacité pour t'aider à te faire une opinion équilibrée sur "les dames et les échecs".




Quant à mon avis à moi, celui de la petite joueuse de base, lecteur, tu le connais.....

(*) GMI : Grand Maître International
(**) MI : Maître International
Par Chouia - Publié dans : billet d'humeur
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Lundi 28 septembre 2009

Je dois te dire que je n'attendais pas grand'chose de ce rapide, cher lecteur, à part une petite "mise en jambes" en début de saison avant d'attaquer les "choses sérieuses" avec l'Open de parties longues d'Evry (prévu à la Toussaint, et dont je te parlerai dans un prochain article), et aussi la perspective de passer un bon moment dans un cadre agréable avec des joueurs et des organisateurs ayant un bon esprit, ce qui n'est déjà pas si mal, au fond....

Il faut te dire que ces derniers temps, côté jeu, avec les vacances et la rentrée plutôt chargée, j'ai eu tendance à ne pas jouer autant que je le voudrais, et, quand je jouais, c'était avec la désagréable impression de stagner, voire de régresser...

Tu connais certainement comme moi ce genre de phase : on progresse, on atteint un palier, on s'y installe, et puis, sans savoir pourquoi, le jeu n'évolue plus, on est moins vigilant, on gâche une, deux, trois parties gagnantes...et au final,  on a le sentiment d'avoir "atteint ses limites"....c'est passager, bien sûr, mais tout de même assez décourageant.

Dans ce cas, il est toujours utile et réconfortant d'aller faire un petit rapide sympa avec quelques copains !

Donc, hier, c'est avec joie que j'ai retrouvé à Gif : Siegfried (de mon ancien club), et Jacques, Michel et Jean-François (tous trois d'Arpajon), d'autres joueurs (impossible de tous les citer !) et bien sûr les deux célèbres et sympathiques Milomir et Nadir, arbitres dont la réputation d'efficacité n'est plus à faire.

Le buffet était tenu par de charmantes personnes, dont Natacha (photo ci-dessous), la fille de Milomir, dont le sourire et la bonne humeur a éclairé cette journée riche en rebondissements.  

Premier "évènement"  : la rencontre avec Bachar Kouatly, personnage éminent de notre petit monde, a qui j'ai tenté vainement d'expliquer l'inanité des échiquiers féminins, des prix féminins, des compétitions féminines....vainement, car cet homme, refusant de s'interroger sur les injustices induites par ce système, m'a opposé l'unique argument de son répertoire : "c'est comme ça, ce sont les règles, on ne peut pas les remettre en question, il faut les respecter !"...
Super-constructif !

Exemple d'échange : tout le monde sait bien que la meilleure joueuse mondiale est de loin Judith Polgar, mais, parce qu'elle a toujours courageusement refusé de participer aux Championnats féminins d'échecs, elle ne détient ni le titre de Championne du Monde, ni celui de Championne d'Europe : est-ce juste ?
En effet, les détentrices de ces deux titres n'ont affronté, pour les obtenir, que des joueuses  (tout cela au prétexte que les femmes sont minoritaires), alors que les détenteurs des titres de Champion du Monde et d'Europe ont joué dans des Championnats mixtes (bien plus difficiles)...
Que dirait-on si on organisait des Championnats du Monde réservés aux noirs, aux juifs, ou aux roux, tiens, pourquoi pas ? après tout, eux aussi sont largement minoritaires, que je sache....
Gageons que l'opinion publique crierait au scandale, au racisme, à la ségrégation...
Réponse de Mr Kouatly : "c'est comme ça, il y a des financements pour ça, ces Championnats doivent se dérouler", mais sur le fond, rien....

Comme je lui faisais remarquer que ce système aboutissait à ce que les joueuses n'étaient pas encouragées à progresser, puisque, grâce à lui, elles arrivaient à gagner leur vie en jouant à un niveau bien plus bas que leur confrères, il a eu la réponse qui tue : "Vous dites ça parce que vous avez les moyens de vivre, il faut bien que ces femmes arrivent à vivre des échecs !" !!!!!!!
Naturellement, face à un "raisonnement" pareil, il m'était facile de faire la réponse évidente pour toute personne sensée : "ah bon ? les joueuses, oui, mais pas les joueurs ? et pourquoi les joueurs n'auraient pas eux aussi droit à vivre décemment des échecs ?".

Dernier "argument" de ce monsieur : "vous êtes la seule a avoir cette opinion, les autres joueuses sont très contentes de ce système".....déjà, je demande à voir, parce qu'à ma connaissance, aucune enquête n'a jamais été faite auprès des joueuses elles-même, et deuxièmement, le problème, ce n'est pas qu'elles soient contentes ou non, c'est qu'on traite tous les joueurs de la même manière, femme ou homme...
Une question de principe, une question de fond, que ni Mr Kouatly, ni la majorité des hobereaux de notre petit monde ne veulent se poser....

Et j'ai soudain pensé à mon fils, qui m'avait dit, en m'annonçant qu'il ne reprendrait plus sa licence, et qu'il en avait assez de ce milieu : "quand je pense au monde des échecs, je vois un bloc de béton"....euh, pas loin d'être d'accord avec lui, pour le coup, là...

Donc, j'ai laissé Mr "bloc de béton" à ses certitudes.

Heureusement, il n'y avait pas que Mr Kouatly à Gif, et puis les appariemments ont été affichés, la journée a vraiment commencé. Un tournoi de bon niveau, difficile. Beaucoup de titrés (11 sur les 68 joueurs présents !), beaucoup de "jeunes en pleine progression", et j'ai passé mon temps sur des montagnes russes, affrontant alternativement des joueurs à moins de 1300 et à plus de 1800 (euh....même un 2290 !)...

En première ronde, je suis tombée avec les noirs contre Guillaume Vuillecard (1220, ci-contre), le genre de "jeune en pleine progression" qui a une grande pratique du jeu sur le web, et a décidé de commencer la compétition "en live"...j'en ai vu de toutes les couleurs, et ai fini avec une perte qui a plombé ma perf d'entrée. 0/1.

J'ai enchaîné en deuxième ronde avec les blancs contre un poussin de Gif très prometteur (et suivi de très près par son papa...), qui m'a tendu pièges sur pièges, mais s'est laissé tenter par la prise d'un fou empoisonné qui m'a permis un mat en 4 coups. OUF ! 1/2.




Et les montagnes russes ont commencé, avec les noirs (!) contre....Walter Leitner (ci-contre, 2290!)...euh...c'est toujours impressionnant de voir ce genre d'appariemment s'afficher.... l'objectif est alors très simple : ne pas tomber dans l'ouverture, tenir le plus longtemps possible, et tenter de tirer le maximum d'enseignements de ce genre de partie. Bon, alors, c'est exactement ce qui s'est passé. 1/3.

Il allait falloir se battre pour tenir mon objectif : la moyenne, soit 4,5/9...







A la ronde suivante, je suis tombée avec les blancs contre Marianne Emperor (ci-contre, 1290), une des 4 "féminines" adultes du tournoi , que je connais bien, mais contre qui je n'avais jamais été appariée en tournoi jusqu'ici.
Marianne est épouse de joueur et maman de deux petites joueuses très prometteuses, c'est une joueuse positionnelle très agréable à jouer, mais redoutable, et j'ai dû batailler jusqu'au bout pour arracher le point qui me manquait. 2/4.






Puis, après une pause "sandwich et analyse" avec un jeune joueur de Gif très enthousiaste, j'ai attaqué la 5ème ronde avec les blancs contre un joueur de Normandie (Pierre Perrot) à 1860, et là, le blanc total : déjà, dans l'ouverture, je lâche accidentellement mon fou en f3 au lieu de g4 (!!!!), puis je perds un temps à le replacer (alors qu'à l'analyse, on a clairement vu que, même si ce n'est pas dans ma ligne, ça se joue....), puis, 10 coups plus tard, je perds un fou net en oubliant le coup intermédiaire, et pour finir, j'offre à mon adversaire une fourchette dame-cavalier !
Ca faisait très longtemps que je n'avais pas joué aussi mal....2/5.

Toujours les montagnes russes, avec, à la 6ème ronde, un gain avec les noirs contre la poussine Amélie (1200), puis, à la 7ème ronde, une perte avec les blancs contre un vétéran à 1850....3/7.  

J'ai donc abordé la 8ème ronde avec l'idée qu'à moins d'avoir pas mal de chance, je finirai avec 4/9 et une mauvaise perf. Avec les blancs contre Victor Li (pupille, 1430), j'ai bétonné pour obtenir mon quatrième point. 4/8.

Et me voilà appariée en dernière ronde avec les noirs (!) contre Carlos Ferreira (1840) du club de la Dame Noire, à Montigny-le-Bretonneux, sans grande illusion sur l'issue de la partie. J'avais déjà rencontré Carlos il y a 5 ans quand je débutais en N5. Nous n'avions pas joué ensemble, mais il faisait partie de l'équipe adverse, et déjà à l'époque, j'avais pu constater son jeu solide et son sang-froid. Depuis, il a obtenu son classement FIDE (1868), et je dois dire que, face à lui, je n'envisageais même pas la nulle qui m'aurait permis d'obtenir la moyenne.
Face à son classique 1. e4, j'ai donc joué calmement ma défense favorite (la sicilienne Sveshnikov), et je me demande encore comment je suis arrivée à gagner la colonne e.....toujours est-il qu'en entrée de finale, j'avais bel et bien un pion de plus...et voilà que Carlos me propose la nulle !

Tempête sous un crâne : accepter, c'était "un tien vaut mieux que deux tu l'auras", ma moyenne assurée, et une perf honorable... en même temps, un pion de plus contre un joueur à 240 points de plus, est-ce que je saurai le jouer ? 
Mais il était légèrement moins bien au temps, alors j'ai décidé de jouer pour le gain.
En finale, il s'est retrouvé avec juste une tour, et moi avec une tour et deux pions liés sur les colonnes g et h....et une sacrée poussée d'adrénaline !
Il n'a rien lâché, "ma proposition de nulle tient toujours", et a fini par tomber au temps.
Beau joueur, il m'a félicitée, et voyant mon émotion (!), m'a même fait la bise (!!!).
Autant dire que je ne suis pas prête d'oublier cette partie.

Donc, au final, 32ème avec 5/9. Inespéré....


Et last but not least, lors de la remise des prix, j'ai eu la surprise de me voir décerner le prix de la performance de la 9ème ronde : une bouteille de Médoc !

Ca fait plaisir, même s'il faut te dire, lecteur, que j'ai loin d'être été la seule de mon club à obtenir ce genre de prix : Michel l'a remporté à deux reprises (donc, 2 bouteilles !), et Jacques une fois : Arpajon en force !


En fait, la remise des prix a été assez longue, vu que ce tournoi est très bien doté, notamment grâce à la participation de la CAPS (Communauté d'agglomération du plateau de Saclay), et je crois bien que le plus récompensé d'entre nous a été Jean-luc Seret, quadruple Champion de France (80, 81, 84 et 85) et actuellement président du club de Gif (ci-contre, à droite, en compagnie de Milomir) !

La journée s'est terminée avec le traditionnel pot, pendant lequel j'ai pu bavarder un peu avec Nadir Bounzou (ci-contre), que je connais bien, pour l'avoir croisé dans plus d'un tournoi (dont les Internationaux de blitz), et parce que, de plus, il a été mon formateur lors de mon stage d'arbitrage il y a trois ans à Yerres.

Pour la grille américaine, c'est là : http://www.idf-echecs.com/competitions/Tournois/Gif/Open2009/r15495Ga.htm

Finalement, un excellent choix, ce 11ème rapide de Gif-sur-Yvette !
Par Chouia - Publié dans : mes tournois
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Lundi 14 septembre 2009

Cher lecteur, je pense n'être pas la seule, à chaque fin de saison (et aussi régulièrement en cours de saison, dès qu'un truc me déplaît, m'agace, ou me décourage dans notre milieu....), à me demander si, vraiment :

- je dois me réinscrire en club (après tout, jouer sur le net, c'est gratuit et sans contraintes horaires...) ;

- et si oui, si je dois me réinscrire dans le même club (en 5 ans, c'est tout de même mon troisième club...) ;

- et si oui, si je dois être, en plus, membre du bureau (sur ce point, j'ai résisté pendant 5 ans...) ;

- si j'ai besoin d'une licence (parce que j'ai très bien vécu sans pendant des tas d'années...) ;

- et si oui, si j'ai besoin d'une licence A (je suis avant tout une joueuse de rapide, voire de blitz...) ;

- et si oui, si je dois jouer en équipe (j'ai tout de même une certaine préférence pour les compétitions individuelles...) ;

- et si oui, si je dois jouer en équipe en tant que joueur titulaire (c'est à dire m'engager sur toute la saison...) ;

- et si oui, si je dois accepter un capitanat (et tous les problèmes qui vont avec...) ;

Si, au fond, tout ça en vaut la chandelle...

Et puis, au final, je finis toujours par repiquer, essentiellement parce que le jeu en compétition m'a littéralement prise aux tripes il y a 5 ans, que, malgré toutes les claques que je me suis prises, j'ai fini par faire mon trou, par trouver ma place, par prendre toujours plus de plaisir à jouer, même en parties longues (ce que je n'aurais jamais cru possible dans mes débuts !), par faire de belles rencontres, par progresser (euh...ça non plus, je ne l'aurais pas cru...), par avoir tellement intériorisé le réglement que je n'y pense même plus, par avoir acquis de tels automatismes que la pendule me manque quand je joue en loisirs, que mes coups se notent "tout seuls" sur la feuille de partie, que la gestion du temps se fait de manière instinctive, que le langage obscur et crypté de la grille américaine n'a plus de secrets pour moi, bref.....par ce que je suis devenue une joueuse d'échecs de compétition, quoi !

Alors, samedi, lors de la réunion de rentrée de mon club (celui de l'Arpajonnais), j'ai bien sûr sorti mon chéquier pour régler les 90 euros de cotisation (comprenant la licence A, pour la licence B, c'est 45 euros, sans licence, c'est 25....).

 

Ceci fait, c'est parti pour 3 heures d'âpres discussions sur le sujet Ô combien délicat de la constitution des équipes...

Tu sais bien, lecteur : combien d'équipes, dans quelle compétition, avec quel capitaine, quels joueurs titulaires, quels joueurs remplaçants...

....et est-ce que quelqu'un sait si untel revient cette saison (machin dit que oui, mais truc dit que non, personne ne l'a joint en fait, on conclut qu'on n'en sait rien, mais ça a pris un quart d'heure....), et s'il revient, est-ce qu'il va jouer, et s'il va jouer, est-ce en tant que titulaire, et c'est quoi, déjà, son classement ?

Ca, c'est pour les joueurs absents.

Pour les joueurs présents à la réunion, c'est l'occasion de débriefer une nouvelle fois sur ce qui s'est mal passé lors de la dernière saison, d'espérer très officiellement que ça ne se passera pas comme ça la saison prochaine...

Encore plus pour les capitaines...

Et puis, petit à petit, du joyeux bordel ambiant (je t'ai déjà dit, lecteur, combien le  joueur d'échecs est indiscipliné !) commence à émerger un semblant de liste d'équipes....un semblant de listes de joueurs "piliers"...

Donc, voilà, notre club va encore être cette saison un des premiers (si pas carrément le premier) club de l'Essonne en nombre d'équipes engagées !

Pour ma part, élue membre du bureau lors de la dernière AG, je me suis engagée en tant que joueuse titulaire en Critérium Cavalier, dont je reprends aussi le capitanat, remplaçante en Départementale, dont Philippe reprend le capitanat, et éventuellement joueuse en Coupe des moins de 1700 si nous engageons une équipe (ce qui sera décidé en fin de trimestre).

Bien suffisant....

J'ai donc re-signé pour une nouvelle saison, ma deuxième à Arpajon !

Et puis on a poussé les tables, installé les jeux, et passé aux "choses sérieuses" : jouer en amical , parce que bon, on est là avant tout pour jouer, quoi !

Au total plus de deux heures de jeu : contre Joël, d'abord, qui m'a proposé en rigolant un 2x10mn "parce que j'ai pas trop aimé ce que tu m'as fait à Brétigny l'année dernière !" (je lui avais arraché une nulle....), et puis la revanche, et puis la revanche de la revanche et ainsi de suite....contre Eric ensuite, avec des blitz endiablés et commentés...pas triste !

Pas de doute, la saison est bien partie !

Sinon, lecteur, si tu es libre dimanche prochain, mon club organise le 18ème tournoi de la "Foire aux Haricots" à Arpajon dimanche prochain.

Je ne pourrai pas y être, malheureusement, mais tu verras, c'est vraiment un tournoi sympa.

Je ne t'en dis pas plus, parce que tout est sur l'affiche :



Bon tournoi !
Par Chouia - Publié dans : la vie du club
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