Samedi 5 septembre 2009
Non, je ne peux pas le croire, ça !

Il a vraiment fallu que je m'y reprenne à plusieurs fois, et que j'aille lire tous les liens sur l'affaire pour me faire à l'idée que ce n'était pas un hoax : http://chessbase.com/newsdetail.asp?newsid=5740

Bon, c'est vrai, Vlad n'en est pas à son premier manquement...déjà, aux Olympiades de Dresde, il s'était illustré en ne se présentant pas à la dernière ronde, sans prévenir, pas même son capitaine, il avait présenté des excuses publiques, et avait été sanctionné (encore dernièrement, Lautier ne l'a pas sélectionné en équipe de France).

Mais entre un simple forfait (bon, d'accord, apparemment déjà dû à des excès), et s'endormir à plusieurs reprises devant l'échiquier pour finir par être évacué pour cause d'état alcoolique, il y a tout de même une marge...celle de la gravité de son addiction.

Et ça, tout de même, c'est très inquiétant.

Pour lui.

Evidemment, pour l'image des échecs aussi : déjà qu'elle a du plomb dans l'aile, l'image des joueurs...

Tu te rappelles, lecteur ? la dernière fois que la presse internationale non-spécialisée nous a parlé d'échecs, c'était  pour vilipender Vassily Ivanchuk qui avait violemment refusé un contrôle anti-dopage à Dresde !

Rebelote ici avec Vlad...

Allumés, violents, pas respectueux des réglements, maintenant soûlographes, je me demande quelle est la prochaine désastreuse étiquette qu'elle va nous coller, la presse internationale ?

Mais au fond, ce n'est pas à mon sens le plus grave dans cette triste histoire.

Le plus grave, il me semble, c'est qu'un joueur talentueux, encore jeune, avec un avenir à construire, puisse sombrer ainsi publiquement dans une addiction sans éveiller d'autre réaction que le mépris (Nigel Short), l'indifférence (son adversaire a encaissé le point sans broncher) ou la réprobation.
Parce qu'au fond, quand un joueur se présente dans un tel état à une ronde, c'est avant tout une sorte d'appel au secours....

Bien sûr, il y a la lettre d'Artur Kogan, pleine de compassion, qui appelle à l'aide pour ce joueur, mais il faut bien constater que les réactions vont majoritairement de la moquerie à l'appel à la sanction disciplinaire.

Punir.

Evidemment, c'est ce qui vient immédiatement à l'idée : pour avoir déjà rencontré des joueurs pris de boisson en tournois, je peux te dire, cher lecteur, que pour les autres joueurs, c'est très perturbant. Et le réglement dispose qu'il faut sanctionner toute attitude susceptible de déconcentrer les joueurs (euh, d'accord, il n'est pas toujours appliqué, loin de là, mais bon, c'est prévu, quoi !), de plus, est interdit tout comportement pouvant porter atteinte à l'image des échecs, et là, on est en plein dedans...

Donc, sanction il y aura, certainement, même si pour le moment, Vlad a été autorisé à se présenter à la ronde suivante.

Mais aider ce garçon, oui, bien sûr aussi...

Et j'en reviens toujours à ce monde si dur des échecs de compétition...entends-moi bien, lecteur, il ne s'agit pas ici d'excuser Vlad, mais de tenter de comprendre comment il a pu tomber si bas sans que personne dans ce milieu ne réagisse...je ne sais pas, moi, son capitaine, son entraîneur, ses coéquipiers, sa fédération (la nôtre, bon sang !).

Vlad est quand même le champion de France en titre !

On nous dit que son problème d'alcool était connu depuis déjà longtemps.

Super...

Quand tu vois un collègue ou un ami qui sombre dans une addiction, tu détournes pudiquement la tête, toi ?

Et quand il se vautre publiquement, tu tires sur l'ambulance avec les autres, toi ?

Quand je te disais qu'on n'est pas chez les Bisounours ici, que notre milieu est cruel aux faibles et n'attend qu'un faux pas du fort pour sonner l'hallali, tu me crois, maintenant ....

En illustration, une chanson "noire" par une autre victime d'addiction, talentueuse, et qu'on laisse aussi sombrer publiquement....

Par Chouia - Publié dans : carton rouge
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