Les échecs à l'école : la grosse cavalerie Battesti...ou "le petit joueur de flûteau" ?

Publié le par Chouia

"10 000 € seront consacrés à l'initiation aux Echecs dans 4 collèges niçois" (http://www.echecs.asso.fr/Actu.aspx?Ref=6371) apprend-on sur le site de la FFE, à l'occasion de la signature d'une convention entre le Conseil Général des Alpes Maritimes, BNP Paribas, et la FFE (représentée par...Léo Battesti, encore lui ? décidement, le président Carvallo doit être bien mal en point, qu'il reçoive ici tous mes voeux de prompt rétablissement...)(*) .


"Stratégie de développement de masse dans une société en crise", nous dit-on...

 

Certainement..... parce qu'il en faut, de la stratégie, pour arriver à persuader des décideurs que le développement d'une activité "échecs" dans un collège nécessite 2500 € par établissement...

 

Et moi, je dis que c'est tout de même dommage que les signataires de cette convention n'aient pas tenté de se documenter avant de se laisser bercer par les arguments de M. Battesti (qui a même réussi, comble du cynisme, à les persuader que 2500 € par établissement, c'était donné par rapport au coût d'autres sports).

 

Parenthèse : je me moque pas mal de l'utilisation que BNP Paribas fait de ses fonds (à part que je croyais les banques mal en point, "forcée par la conjoncture à refuser des prêts aux PMI-PME", etc....), mais désolée, ça coince vraiment quand il s'agit de l'argent public, c'est à dire... tes sous, en fin de compte, cher lecteur (les miens aussi !).

 

Parce que les collèges en question, ces 2500 €, ils pourraient certainement les utiliser à meilleur escient, mais bon....

 

Refermons la parenthèse.

 

Se documenter, oui, sur le coût réel de la création d'une activité "échecs" dans le milieu scolaire....

 

Parce que bon, M. Battesti est bien gentil, avec sa grosse cavalerie, mais ça fait tout de même pas mal d'années que les échecs existent et vivent en milieu scolaire !

 

Sans financement, ou presque.

Sans médiatisation à outrance.

Sans ronflantes et coûteuses conventions tripartites.

Sans "stratégie de developpement de masse " (c'est quoi, à la fin, ce langage d'affairistes appliqué aux enfants ????).

Sans "psycho-sociolisation" de bazar (en a-t-on suffisamment bouffé, des "vertus socio-éducatives des Echecs", "apprentissage des règles" et autre "respect de l'adversaire", dont on sait qu'ils ne sont nullement  l'apanage de la seule activité "échecs", mais surtout, surtout, pas du tout vérifiés, même au plus haut niveau) (**).


Non, M. Battesti n'a rien inventé, et les échecs en milieu scolaire ne l'ont pas attendu, ni lui, ni le fric qu'il draine sous ce prétexte auprès de personnes mal informées, pour se développer, souvent à l'insu de la FFE.

 

Quelques exemples, certains tirés de mon expérience personnelle, mais pas que :

 

- dans les années 40', mon père a appris à jouer aux échecs au club de son Lycée (http://www.lyc-descartes.fr/), qui existe toujours, plus actif que jamais.

 

- dans les années 70' un club d'échecs existait dans mon Lycée (certes géré par un minable macho, mais bon).

 

- le club d'échecs de l'ex-Lycée de mon fils (qui est à présent étudiant) est très actif. Il est géré par un prof très motivé, qui organise régulièrement des simultanées, et des démonstrations lors de la fête de fin d'année.

 

- déjà, dans les années 80', des initiatives fort intéressantes avaient été menées par M. Gérard Vichard, instituteur de formation, en direction des maternelles et des primaires, avec un succès considérable, comme en témoigne cet article, paru dans le magazine "100 idées" n°148 de février 1986.

 

100-idees-echecs-maternelle011-copie-1.jpg

 

Un développement des échecs simple et ludique, à l'écoute des petits, fait par un professionnel de l'éducation, et non pas par des formateurs issus de la FFE, certes de bon niveau en ce qui concerne la technique échiquéenne, mais n'ayant reçu aucune formation pédagogique.

 

Une leçon de "développement doux" des échecs, pour ceux qui voudraient nous faire croire que c'est par le fric, la performance, la culture du chiffre, et le lobbying, bref, la marche forcée, que les échecs se développeront en France....

 

Je ne sais pas ce qu'est devenu M. Vichard....ce qui est certain, c'est que, loin de toute notion de "stratégie de développement de masse dans une société en crise" :

 

- il aimait les échecs ;

- il aimait les enfants ;

- il n'a jamais brigué le moindre honneur pour tout ce qu'il a fait pour eux.

 

Des obscurs, des discrets, des imaginatifs, des débrouillards,  il en existe beaucoup en France, et qui font chaque jour bien plus pour les échecs que ne le feront jamais les VIP qui fréquentent les cercles huppés du pouvoir et du fric, et pour qui les échecs ne sont qu'un outil d'auto-promotion.

 

Ce sont des hommes de cette trempe qu'il nous faut à la FFE...

 

...des compétents qui ne font pas de vague, mais qui agissent...et qui se foutent bien des honneurs...

 

...des "petits joueurs de flûteau" :

 

 

 

 

 

(*) Dernière minute : interrogé à ce sujet sur sa page Facebook, M. Battesti m'a répondu : "Nous sommes une équipe, et nous avons le souci des finances fédérales. Un vice président qui va de Bastia à Nice dépense beaucoup moins qu'un président qui vient de Villandry à Nice. C'est une excellente raison."

...mais bien sûr...

Puis...il m'a bannie de sa page (certainement en signe d'ouverture au dialogue ?).

NB : j'avais aussi posé la question en ce qui concerne sa participation à l'A.G. de la FIDE, mais là, pas de réponse (en même temps, c'est vrai que l'argument du coût du trajet ne tenait plus guère....faut comprendre, aussi !).

 

(**) Pour s'en convaincre, il suffit de constater les innombrables cas de triche et de mauvais comportements en compétition...sans compter l'attitude de M. Battesti lui-même dans sa manière d'appréhender le jeu démocratique.

 

 

 

 

Publié dans la FFE

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